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Un processus de consultation qui dérange

Le projet Ambiente, un plan de redéveloppement des terrains situés rue De la Selette, n’est encore qu’à l’étape préliminaire, mais déjà, les résidents de la Comtesse II se posent des questions au sujet du processus de consultation.

Dix mois avant le dépôt de la pétition des résidents du Comtesse II, le projet Ambiente était entre les mains du comité consultatif d’urbanisme (CCU) de Saint-Léonard. En mai 2013, lors du conseil d’arrondissement, le CCU devait d’ailleurs remettre aux élus son avis concernant la demande de modification réglementaire.

Surprise, il a plutôt suggéré de le reporter à une date ultérieure.

« On demande, avant même que le processus formel de consultation publique soit entamé, que le promoteur rencontre les gens pour voir si le plan est bien accueilli dans le milieu. On veut vérifier l’acceptabilité sociale du projet », explique Johanne Couture, directrice de l’aménagement urbain et des services aux entreprises.

Or, le promoteur d’Ambiente ne s’était qu’en partie plié à l’exigence; il avait omis d’en informer les résidents du Comtesse II. On lui a donc demandé de reprendre le processus de consultation.

Une lettre qui fait sourciller

C’est dans ce contexte que les résidents du Comtesse II ont reçu une lettre les conviant à une nouvelle séance de consultation.

Ce sont des employés de l’arrondissement qui en ont fait la distribution.

« Je ne trouve pas ça normal que ce soient des employés de la ville qui distribuent à des résidents une lettre de convocation pour le compte d’un promoteur », souligne Réal Cantin, copropriétaire du Comtesse II et porte-parole des résidents dans ce dossier.

L’arrondissement se défend d’avoir un parti pris dans ce dossier et affirme que c’est précisément par souci de transparence qu’il agit ainsi.

« Des employés ont distribué la lettre pour s’assurer qu’elle soit bel et bien remise aux résidents. Si on demande au promoteur de la livrer, il pourrait très bien le faire qu’à ceux qui sont favorables à son projet, plaide Mme Couture. Ce n’est pas très long faire une distribution de lettres. Ce n’est pas un travail gigantesque. »

Elle ajoute que les promoteurs doivent débourser des frais administratifs lorsqu’ils font une demande de modification réglementaire. Ce montant couvre les dépenses, comme celles occasionnées par une distribution de lettres, liées au traitement de la demande.

Une rencontre houleuse

Il n’y a pas que la lettre qui dérange les résidents de la tour à condo de la rue Jarry.

« On a reçu la convocation le 25 janvier. Or, la rencontre a eu lieu le 29. Cinq jours de préavis, ce n’est pas suffisant. Je voulais vraiment que M. Cantin y soit, mais malheureusement, comme le délai n’était pas assez long, il n’a pas pu y être», fustige l’un des copropriétaires du Comtesse II, présent à la consultation.

Il déplore également le fait que la salle de conférence était beaucoup trop petite pour accueillir l’ensemble des 48 propriétaires.

L’homme, qui ne souhaite pas être identifié, s’oppose au projet, entre autres, parce qu’il craint de voir chuter la valeur de sa propriété. Il se dit insatisfait du déroulement de la rencontre.

L’arrondissement estime plutôt que la réunion a donné l’occasion aux opposants de se prononcer.

Le CCU a d’ailleurs décidé d’aviser le promoteur de « modifier sa proposition afin de la rendre plus acceptable pour les résidents du secteur ».

Il pourra soit revoir ses plans et les resoumettre au CCU ou les abandonner carrément.

Les copropriétaires de la Comtesse II, eux, promettent tout de même de demeurer vigilants.

« Mes économies, je les ai mises ici. En fin de vie, je ne n’ai pas l’intention de partir. Mais si jamais ça se concrétise, c’est sûr que je vais quitter », confie M. Cantin.

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