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Courir pour rattraper le temps perdu

Courir l’équivalent d’un demi-marathon, c’est difficile. Ce l’est d’autant plus pour quelqu’un qui a longtemps souffert d’une grave maladie chronique. C’est pourtant ce qu’a réussi un jeune léonardois, quatre ans après une greffe du rein.

Frédérique Charest

Nous sommes au terrain de soccer de l’aréna Martin-Brodeur. Des centaines de jeunes y sont entassés. Ils sont ici pour accueillir les participants à la course à relais Québec-Montréal, de l’école secondaire Antoine de Saint-Exupéry.

Parmi eux, Réda Zekraoui. Comme ses camarades, il a parcouru une vingtaine de kilomètres en 36 heures. Pourtant, il a dû surmonter un obstacle de taille.

Il y a près de quatre ans, Réda a subi une chirurgie éprouvante. Elle lui a sauvé la vie, mais il en est sorti considérablement affaibli.

Greffe du rein

Le jeune homme de 20 ans a longtemps souffert d’une maladie rénale chronique. Chirurgies, douleurs, infections : les hospitalisations se sont succédé à un rythme effréné depuis l’enfance.

« Je me fatiguais facilement. Ça m’empêchait de faire de l’activité physique », raconte-t-il.

Et puis, à l’âge de 16 ans, les médecins lui annoncent que sa situation s’est aggravée. Il tente la dialyse, mais le traitement ne livre pas les résultats escomptés. Sa vie ne tenant qu’à un fil, un oncle lui offre un rein.

Sans tarder, il passe sous le bistouri.

Une longue convalescence

Après un long séjour à l’hôpital, Réda poursuit sa convalescence à la maison. Au repos forcé, il rêve en vain de faire du sport.

« Je me sentais faible et j’étais souvent épuisé. Durant sept mois, je n’ai pas pu sortir de la maison parce que je n’avais pas d’anticorps », se rappelle-t-il.

Mais tranquillement, il prend des forces. Un an après son opération, ses médecins lui donnent enfin le feu vert.

« Dès que j’ai eu la chance de sortir de la maison, l’hôpital m’a payé une inscription dans une gym. Mon entraîneur privé m’a fait travailler chaque partie de mon corps. Ensuite, j’ai participé à une activité de kayak. Ça m’a montré que je pouvais aller encore plus loin. »

En septembre dernier, on lui parle de la course Québec – Montréal, un rallye durant lequel les athlètes doivent courir, à tour de rôle, les 250 kilomètres qui séparent la capitale de la métropole.

Le défi semble fou, mais Réda décide de s’y dédier corps et âme. Il s’entraîne pendant près de huit mois, à raison de deux séances par semaine.

Selon sa mère, c’est l’illustration parfaite de sa persévérance.

« J’étais très contente. C’est un gars qui aime faire du sport. Ce n’est pas une maladie chronique qui va l’empêcher de faire des activités physiques. Pourtant, on voit des jeunes qui sont en santé, mais qui ne bougent pas. »

Surmonter l’adversité

« C’était difficile au début. On se disait qu’il ne fallait pas arriver en retard au fil d’arrivée. On sprintait pour rien et on se fatiguait. Mais le plus dur, c’était de se lever pour courir à trois heures ou six heures du matin », raconte Réda.

Heureux de son accomplissement, il rêve déjà à son prochain défi. Il souhaite d’ailleurs suivre des cours de natation et s’inscrire dans une équipe de sport au Cégep.

Si sa réussite peut en surprendre plusieurs, elle n’étonne pas du tout son frère.

« Après son opération, je croyais qu’il resterait inactif. Le voir courir devrait donc m’impressionner, mais ce n’est pas le cas; je sais qu’il n’abandonne jamais. »

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