Antonio Discepola honoré par des juristes italo-canadiens
Frédérique Charest
Après des études à l’université McGill, il termine le barreau, en 1978.
Moins de deux ans plus tard, il fonde un cabinet avec Antonio Di Ciocco, alors maire de la Ville de Saint-Léonard, et Michel Bisonnet, député à l’Assemblée nationale du Québec.
« Je suis resté près de dix ans à Saint-Léonard. J’ai connu tous les maires et les conseillers. C’était une belle période. On avait un bureau important, au centre de l’action. C’était valorisant. »
Mais les journées sont longues et laissent peu de temps pour la famille, la détente et les vacances. À quoi bon gagner un bon salaire si l’on n’a jamais le temps de le dépenser ?
Au tournant des années 90, Me Discepola postule pour devenir juge à la Cour municipale de Montréal. Sa candidature est retenue. Il devient alors le premier juge d’origine italienne à y siéger.
« Par la fonction qu’on occupe, nous ne sommes pas soumis aux influences qu’on rencontre dans d’autres corps de métier où l’on a un patron et tout ce qui en découle. Dans ce métier, on n’a aucune pression, sauf celle qu’on se met soi-même. »
Ses nouvelles fonctions le comblent, mais le juge Discepola se cherche d’autres défis. Plus de dix ans après avoir accédé à la magistrature, en 2004, il fonde l’Association des Juristes italo-canadiens du Québec (AJICQ).
« Je croyais que c’était important. Nous sommes, en termes de nombre, beaucoup plus important que d’autres groupes. C’est une façon de garder un lien entre nous qui partageons une culture et des traditions. C’est aussi un moyen d’encourager aussi les jeunes à poursuivre une carrière en droit. »
Ce printemps, lors des célébrations entourant son 10e anniversaire, l’AJICQ a rendu un vibrant hommage au juge Discepola. Lors de la réception, devant plus de 200 personnes, il a raconté son enfance, son cheminement académique et ses succès professionnels. Mais plus qu’une autobiographie, son discours, drôle et émouvant, se voulait un remerciement à l’endroit de ses parents et de la communauté italo-canadienne.
« J’ai plutôt vu ça comme une façon d’honorer l’existence de l’association. Dix ans, c’est quand même beaucoup. On a souligné le travail des gens qui ont travaillé bénévolement, des avocats qui sont généralement super occupés. C’est un fardeau qui leur a été assez lourd à porter », fait-il valoir, humblement.
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