Pistes cyclables : Saint-Léonard toujours isolé du réseau montréalais
Frédérique Charest
Pis encore, en établissant le ratio entre la longueur des pistes et la superficie du territoire, Saint-Léonard se classe bon dernier. L’arrondissement n’a que 0,7 km de voies cyclables par km2. Le Plateau-Mont-Royal, chef de file, en a 3,6.
Suzanne Lareau, présidente de Vélo Québec, reconnaît qu’il est normal que les quartiers centraux aménagent plus de pistes cyclables puisque la grande majorité des cyclistes y sont concentrés. Mais elle ajoute que les arrondissements de l’Est peuvent changer la donne en encourageant le transport actif.
« C’est sûr que plus il y a des aménagements cyclables, plus il va y avoir de cyclistes. C’est mathématique. »
Des voies cyclables isolées
Situé au nord de l’autoroute métropolitaine et délimité par le boulevard Lavoisier et les rues Albanel, Choquette et des Artisans, le circuit cyclable léonardois forme une boucle fermée, isolé du reste du réseau montréalais.
Certains segments sont identifiés par du marquage au sol, notamment sur les boulevards Lavoisier et Robert, et sont réservés à l’usage exclusif des cyclistes. D’autres tronçons n’ont ni aménagements ni corridors réservés; seuls quelques panneaux indiquent aux usagers le chemin à suivre.
« Ça tourne en rond. Les gens ne peuvent pas aller à Montréal-Nord ou à Saint-Michel en vélo. Les pistes ont été conçues pour le cyclisme récréatif, pas pour les déplacements à vélo. C’est le raisonnement qui a prédominé dans plusieurs arrondissements », fait valoir Mme Lareau.
Si le circuit se rend au parc Luigi-Pirandello ou à la bibliothèque de Saint-Léonard, par exemple, il en est autrement pour la seule artère commerciale d’envergure de l’arrondissement.
« Je suggère fortement d’aménager une voie cyclable rue Jean-Talon, plaide Yannick Perreault, propriétaire du Maglia Rosa, un magasin de vélo qui a pignon rue Jean-Talon. Je vois beaucoup de cyclistes qui y circulent. Faute de piste, il y en a qui roulent sur le trottoir, ce qui n’est pas agréable pour les piétons qui viennent magasiner. »
Selon lui, la chaussée pourrait facilement accommoder tout le monde.
« Il y a du stationnement des deux côtés de la rue et il y a toujours des place libres. Il y aurait assez d’espace pour faire une voie pour les vélos. Il y a une facilité d’accès pour les automobilistes, mais c’est la seule clientèle qui est desservie adéquatement. »
Relier le réseau cyclable
Pour le maire Bissonnet, la priorité est de raccorder les voies léonardoises au réseau montréalais. Le plus simple serait de bâtir un lien vers le sud, jusqu’à la piste cyclable de la rue Saint-Zotique. Mais un obstacle majeur mine depuis toujours ce projet : l’autoroute métropolitaine.
« On a tenté à plusieurs reprises d’aménager quelque chose sur les boulevards Lacordaire et Langelier, ou les rues Viau et Provencher. Mais à cause de la forte circulation automobile, ça n’a pas été possible. La priorité, c’est la sécurité. L’alternative, c’est de faire un lien dans l’Est », explique M. Bissonnet.
La Ville-centre négocie actuellement avec le ministère des Transports afin de refaire le viaduc du boulevard des Galeries d’Anjou. La nouvelle structure serait dotée d’aménagements pour les vélos.
Les autorités pourraient en profiter pour relier Saint-Léonard au réseau cyclable. La possibilité de créer une piste qui mènerait au boulevard des Galeries d’Anjou via les rues de Louvois, Paul-Émile-Lamarche, Champ d’Eau et Bombardier est à l’étude.
Pour le moment, l’échéancier n’est pas encore fixé.
Entre-temps, l’arrondissement devra s’affairer à refaire les panneaux et les marquages au sol de son circuit actuel. Les règles qui encadrent la signalisation du réseau cyclable léonardois ne correspondent pas aux nouvelles normes qui entreront en vigueur en 2015 – 2016.
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