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Restrictions sur les boîtes de dons : Le Support coupe 60 % du financement aux organismes communautaires

En deux ans, la fondation Le Support a sabré de plus de la moitié le montant d’argent qu’elle redistribue aux organismes œuvrant en déficience intellectuelle. La situation est si critique qu’elle n’accepte tout simplement plus de nouvelles demandes de financement.

Par l’entremise de ses boîtes de dons, Le Support récolte des vêtements usagés. Ces fripes sont ensuite vendues à la chaîne de magasins Village des valeurs. L’argent amassé est ensuite redistribué aux organismes communautaires qui font des demandes de financement.

En 2011-2012, la fondation a ainsi distribué 1,5 M$. Cette année, ce ne sera que 600 000 $.

« J’ai épuisé mes fonds pour l’aide financière. Je ne peux donc plus accepter de demandes », déplore Philippe Siebes, directeur général du Support, un organisme à but non lucratif (OBNL) établi à Saint-Léonard.

Ces dernières années, des entrepreneurs en quête de profit se sont lancés dans ce marché fort lucratif. Conséquence : les boîtes de dons ont proliféré à Montréal. Si certaines sont bien entretenues, d’autres sont laissées à elles-mêmes, installées sans autorisation sur des coins de rue ou sur des terrains vacants.

Cette tendance a non seulement diminué la quantité de vêtements récoltés par les organisations caritatives légitimes, elle a également poussé certains arrondissements à se doter de nouveaux règlements.

Des règlements jugés sévères

À Saint-Léonard, les bennes doivent être adossées au mur d’un bâtiment commercial de plus de 2000 pieds carrés de superficie de plancher. À Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension, les exploitants de boîtes sont contraints de les installer sur un terrain en coin, à au moins 20 mètres de la voie publique.

Incapable de trouver des sites qui correspondent à ces critères, Le Support affirme avoir retiré la quasi-totalité de ses boîtes. Il devra peut-être bientôt en éliminer d’autres puisque les élus de Rosemont – La Petite-Patrie présenteront sous peu leur propre réglementation.

Avec l’expertise d’avocats, le directeur général a rédigé une proposition de réglementation qui, selon lui, respecte la volonté des élus de freiner la prolifération des boîtes tout en assurant le maintien du financement des OBNL.

Ce projet réglementaire prévoit que seuls les organismes de bienfaisance enregistrés auprès de l’Agence du revenu du Canada pourraient installer et exploiter une benne. Ceux-ci se verraient également obligés d’y apposer leur numéro d’enregistrement, de signer une entente avec le partenaire commercial qui l’accueille, de limiter le nombre de boîtes par terrain et d’obtenir un permis auprès des autorités.

La proposition stipule également des amendes allant de 1000 $ à 4000 $ pour les contrevenants.

M. Siebes veut convaincre les arrondissements d’adopter son plan, mais il semble que pour le moment, les élus sont plutôt réfractaires.

« Il y a beaucoup de discussions pour trouver un terrain d’entente, notamment avec le département d’urbanisme de Saint-Léonard. Mais on est loin d’avoir trouvé une solution. Pendant ce temps, on est privé de revenus importants », soutient M. Siebes.

Précisant que son organisme a trouvé sa niche dans la collecte de vêtements usagés, il souligne que Le Support devra peut-être se résigner à changer son mode de financement. Déjà, ses dirigeants songent à d’éventuelles mesures pour diversifier leurs revenus.

Lire autre texte au sujet des impacts de cette baisse de financement sur les organismes qui œuvrent  dans le milieur de la déficience intellectuelle ici : http://bit.ly/1fMIlHp

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