Repenser la zone industrielle
Dans cette projection, la rue Champ d’eau disparait et fait place à un parc linéaire qui délimite la zone industrielle léonardoise et le quartier résidentiel angevin. La rue Pascal-Gagnon devient un axe principal, alors qu’il séparera les véhicules lourds des véhicules de promenade.
« En 2009, la CDEC a procédé au recensement des entreprises de la zone industrielle. On voulait connaître quels étaient les éléments porteurs du secteur », explique la directrice générale de la CDEC de Saint-Léonard, Véronique Fennochi. Le résultat est clair, la zone industrielle est à revitaliser afin d’attirer de nouvelles entreprises particulièrement dans un secteur en développement : le bioalimentaire. Une conclusion à laquelle arrivent également l’arrondissement de Saint-Léonard et la Ville de Montréal, qui ont été partie prenante des réflexions qui ont mené à la réalisation de la maquette.
Un mot clé : développement durable
À la suite de son étude menée en 2009, la CDEC a constaté que le nord de la rue Champ d’eau possédait un aménagement qui représentait le virage à prendre.
« Dans le secteur sud, on retrouve des petites entreprises où il n’y a pas d’aire de débarcadères pour les camions et où le cadre bâti est vétuste alors qu’au nord, c’est un modèle plus intéressant et vers lequel on souhaite aller », mentionne le conseiller au développement économique du territoire de la CDEC de Saint-Léonard, Angelo Dossou-Yovo.
Dans leur plan d’aménagement, le directeur du projet Börkur Bergmann et les étudiantes du studio cube de l’école de Design de l’Université du Québec à Montréal, ont eu une approche novatrice.
Intégration de végétation, de système d’énergie renouvelable et de mobilier urbain contemporain, l’équipe prouve que la zone industrielle peut devenir un espace de vie adapté non seulement aux besoins des entrepreneurs, mais aussi à ceux des travailleurs.
« Les éléments qu’ils présentent s’inscrivent dans le plan de développement durable de l’arrondissement. Nous croyons que ce type de construction pourrait attirer de nouvelles entreprises », estime Mme Fennochi.
Dans ce modèle, les établissements pourraient compter sur des puits canadiens (type de climatisation écologique) et des éoliennes qui permettraient de les rendre plus autonomes en termes d’efficacité énergétique. On doterait les nouvelles constructions d’un type de fenestration qui permet à la fois d’avoir un meilleur conditionnement de l’air, mais également de profiter de la lumière naturelle. La maquette présente aussi des rues où béton et végétation arrivent à un mariage harmonieux.
M. Dossou-Yovo fait savoir que l’aménagement tel que proposé permettrait de gagner au niveau de la superficie bâtie, la faisant passer de 24 % à 42 %.
Un projet réalisable
Pour la CDEC ce projet n’est pas utopique, la prochaine étape est de savoir à quels coûts il est viable.
« Actuellement, la zone comporte une dizaine d’entreprises. Il est trop tôt pour savoir s’il faudrait faire une démolition pour tout reconstruire », soutient Mme Fennochi.
La CDEC souhaite établir un partenariat avec l’école de technologies supérieures (ÉTS) pour établir le montant d’un tel projet.
« Nous avons identifié et analysé les besoins de cette zone et mis en place un plan de revitalisation. Maintenant, le travail sera de rallier des partenaires pour faire en sorte qu’il puisse se réaliser, confie Mme Fennochi. Avec la maquette, on souhaite que les entreprises aient une vision commune. »
M. Dossou-Yovo mentionne que la CDEC a eu un écho très favorable des organismes qui ont pu voir la maquette. Au cours des prochains jours, la CDEC fera la promotion de la maquette afin de faire connaître le projet aux plus de partenaires possibles.
« Ce n’est pas un projet final, mais on dans un momentum. Le fait que le plan d’aménagement soit conçu, ça nous permettra d’assurer un suivi au projet », espère Mme Fennochi.