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S’unir pour l’art immigrant

On parle souvent des immigrants diplômés en médecine et en droit qui une fois arrivés au pays ont de la difficulté à pratiquer leur métier. Il en est de même pour des artistes qui, récemment débarqués dans la métropole, devront faire face à plusieurs obstacles pour que leur travail soit reconnu. C’est le cas de deux Léonardois, Saoussen Ouerghemmi et Ali Marzouki, qui ont décidé de fonder la Ligue des artistes tunisiens du Canada.

Arrivés au pays en juillet dernier, Mme Ouerghemmi et M. Marzouki, se sont rapidement rendu compte qu’il était plus difficile que prévu de faire reconnaître leurs connaissances. Tous deux enseignants de l’école des Beaux-Arts de Tunis, ils ont compris que pour faire valoir leurs aptitudes, il était primordial de s’associer avec d’autres artistes qui ont vécu ou qui vivent la même situation.

« En réfléchissant, j’ai eu l’idée qu’il serait bien de rassembler des artistes dans une association, qui ferait la promotion de leur travail, explique M. Marzouki. On connaissait déjà huit artistes dans la communauté. Ils ont rapidement adhéré. Nous nous sommes alors réunis pour mettre en place la ligue et fonder son conseil d’administration. »

Les deux tunisiens, qui partagent également leur vie ensemble, racontent que les membres actuels de la ligue avaient tous une carrière dans leur pays d’origine.

« Ce sont des gens qui ont des formations d’artistes et qui lorsqu’ils sont venus au Canada ont dû, devant les difficultés d’obtenir leurs équivalences, s’orienter vers d’autres domaines et qui finalement, ne s’accomplissent pas, car ce n’est pas leur vocation », souligne Mme Ouerghemmi.

Pour les deux Léonardois, la Ligue des artistes tunisiens du Canada a pour but de favoriser le développement et la promotion de créations d’artistes issus de l’immigration. Bien que les premiers membres de la ligue aient en commun leur origine, une chose est claire pour les instigateurs : elle souhaite accueillir des artistes de toutes les cultures.

« On veut vivre ici et s’intégrer. On a choisi d’être Québécois, mais on garde nos origines. Notre but est de contribuer à l’enrichissement et à la diversité de la culture québécoise », fait valoir M. Marzouki.

Au cours des dernières semaines, la ligue a présenté sa première exposition, lors de l’inauguration de la Maison du Tunisien à Montréal, le 12 janvier dernier.

Sous le thème Hiver montréalais aux couleurs tunisiennes, l’exposition qui devait être là pendant trois jours est finalement restée un mois.

« Les responsables ont été impressionnés par la qualité des œuvres et l’ambiance que ça créait. Alors ils nous ont proposé de la prolonger », fait savoir M. Marzouki.

À la suite de cette première apparition, la ligue souhaite continuer à établir des partenariats avec d’autres organismes et établissements à vocation culturelle.

À Saint-Léonard, Mme Ouerghemmi a commencé à s’informer auprès de certaines instances sur les procédures à suivre pour la tenue d’éventuelles expositions. De plus, les membres de l’association espèrent trouver un local pour pouvoir se réunir et accueillir de nouveaux membres.

« On sent qu’on peut aller très loin avec cette ligue. Ç’a redonné espoir à des immigrants qui habitent la métropole depuis des années et qui se sentaient isolés, car ils ne pouvaient pas faire ce qu’ils ont toujours fait », signifie M. Marzouki.

De ce fait, dans le cadre de la Journée internationale de la femme, la ligue présentera un documentaire au Carrefour des femmes de Saint-Léonard, qui tracera le portrait des membres féminins de l’association. À travers cette présentation, la ligue espère attirer d’autres personnes au sein de l’organisation et s’intégrer dans le milieu communautaire léonardois en vue de collaborer avec d’autres organismes.

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