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Entre quatre murs… colorés

Difficile de résister à l’énergie et au bonheur contagieux de l’artiste léonardois Philippe Mastrocola. Étudiant en arts à l’Université Concordia, il voit déjà, à 26 ans, se dessiner un avenir florissant comme muraliste. Il prévoit d’ailleurs peindre la première murale extérieure de Saint-Léonard.

En 2011, Philippe Mastrocola reçoit un premier contrat : peindre un mur dans une ruelle verte, à Rosemont. « J’ai tellement travaillé pour obtenir un seul contrat en 2011. L’année suivante, j’ai fait huit murs. » En 2013, il vise 15.

C’est un mur de dimensions importantes sur la rue Duluth (sur la photo) qui a fait débouler les événements. « Ça m’a donné quelques autres murs, une entrevue dans La Presse, des rencontres avec des directeurs de galeries… », énumère-t-il. Depuis, il a œuvré auprès de l’organisme de promotion de l’art public MU, une agente l’a pris sous son aile et une galerie de New York l’a invité à participer à une exposition internationale, en janvier dernier.

Première murale extérieure

Un autre de ses contrats lui a été donné par l’école anglaise de Saint-Léonard Pierre-de-Coubertin. Dorénavant, trois murs de son ancienne école primaire portent les couleurs vives de son imagination. En voyant M. Mastrocola poser pour le photographe du Progrès, de nombreux élèves se sont arrêtés : « C’est toi qui a peint les murs? Merci, c’est tellement beau! »

Le directeur de l’école, Nicholas Katalifos, se réjouit que ce soit l’œuvre d’un gradué de son école. « C’est un bon exemple pour les élèves. Et la réponse est excellente : les enfants adorent les murales, ils en sont fiers et demandent à rencontrer l’artiste », commente le directeur.

Satisfait du travail, il a mandaté l’artiste de peindre un mur extérieur qui donne sur la cour de récréation. Si les autorisations nécessaires sont accordées, la première murale extérieure à Saint-Léonard devrait voir le jour en juin. (Une banque en a déjà eu une qui n’existe plus.) « On a trop de surfaces unies qui manquent d’inspiration. Il faut colorer ces murs, ça ferait du bien à l’arrondissement », juge M. Mastrocola, qui dit que ses œuvres sont toujours influencées par la communauté alentour.

Dans les prochaines semaines, il ira aussi superviser le projet de murale des élèves du Collège Villa Maria.

La cannette

Après quelques cours en photographie à l’université, M. Mastrocola a eu l’idée de faire de ses cannettes de peinture le fil conducteur de sa démarche.

Il a fabriqué un appareil-photo dans une cannette vide sciée en deux dans laquelle il insère du papier photosensible. Une fois une œuvre terminée, il la photographie à l’aide de sa cannette qu’il ouvre pour une durée variable, tout dépendant de la luminosité de la journée, le temps que s’imprime l’image sur le papier. Il referme le tout et rentre chez lui pour développer la photo. (Voir photo en noir et blanc.) « La murale, éventuellement, elle va disparaître à cause de graffitis et du soleil. Mais ces photos, elles ont une longévité », exprime le muraliste.

Il va même jusqu’à assembler ses aérosols pour en faire des canevas, sur lesquels il reproduit une image numérique d’une murale.

Couleurs magiques

L’art et les couleurs ont un effet thérapeutique, soutient-il. Les couleurs sont vraiment au cœur de sa démarche. «Je choisis la palette et je fais un croquis sur ordinateur. » Ses abstractions, pour lui, n’ont aucune symbolique, bien qu’il se réjouisse que les passants puissent imaginer les paysages qu’ils veulent. « Je laisse les couleurs me diriger, ajoute-t-il. C’est tellement simple, la couleur, mais ç’a de la magie! »

 

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