Soutenez

Se relever après la course

Quelques jours après son retour du marathon de Boston, ses émotions sont encore vives. Bien qu’il n’ait pas vu les explosions, le marathonien et coiffeur à Saint-Léonard Peter Tiscione a eu peur. Très peur.

C’était son huitième marathon, le deuxième à Boston. La première fois qu’il s’est qualifié pour la plus prestigieuse course amateur au monde, il avait 50 ans. Ses enfants, aujourd’hui âgés de 19 et 21 ans, avaient pris un pari avec lui quelques années auparavant : s’il se qualifiait pour Boston avant 50 ans, ils allaient l’encourager sur place.

À 49 ans, il courait 42 km assez rapidement pour faire partie des quelque 25 000 coureurs. Une quinzaine de personnes, amis et membres de sa famille, l’ont accompagné à Boston, à sa plus grande fierté. Dans son bureau du centre de formation professionnelle Laurier-MacDonald, où il enseigne la coiffure, un mur est tapissé de photos de ce premier passage à Boston.

Tragédie

Il y est retourné cette année, cette fois avec un ami, qui devait l’attendre non loin du fil d’arrivée. Ils s’étaient donné rendez-vous près d’une église.

Sa médaille en main, il est allé à la rencontre de son ami, qu’il n’a pas trouvé. Il n’avait encore rien vu ni entendu de la tragédie. Une fois à l’hôtel, il a vu l’agitation dans le lobby. Tout le monde, les yeux rivés devant les téléviseurs, sur l’horreur. « Mon ami est finalement arrivé, sain et sauf. J’ai tellement eu peur pour lui que j’ai commencé par lui crier après, puis on s’est sauté dans les bras. »

Le malheur rapproche les gens, ça, Peter Tiscione l’a vécu. Dans le lobby de l’hôtel, les inconnus s’étreignaient, pour se rassurer. De retour à la maison, le téléphone et la sonnette d’entrée ne dérougissaient pas. « Des membres éloignés de ma famille, des voisins, des clients m’appelaient pour prendre de mes nouvelles », raconte le coiffeur au salon léonardois Beauté Plus.

Échappée belle

« Le bon Dieu m’a donné de la force pour que je finisse la course plus vite que la dernière fois : 3 heures et 31 minutes. » Mais s’il avait été plus lent? Si sa famille était venue cette année aussi? Si son ami l’avait attendu ailleurs? « Qu’est-ce qui aurait pu arriver? », se demande-t-il constamment.

Un rassemblement de coureurs était prévu le dimanche 21 avril au mont Royal. Lors de sa rencontre avec le Progrès, M. Tiscione avait l’intention de s’y rendre, dans l’espoir de faire baisser la pression ressentie depuis la course du 15 avril.

Comme à l’habitude après un marathon, M. Tiscione attend au moins une semaine avant de réenfiler ses espadrilles. Mais cette fois, il a moins hâte. « Les statistiques, pour un coureur, c’est super important. Mais je ne suis pas encore allé voir mon classement sur le site du marathon de Boston. Mes amis m’ont dit que j’étais bien placé, environ 600e sur 8000 dans ma catégorie. Ça veut dire que je suis qualifié pour l’an prochain. Mais est-ce que j’y retournerai? »

Pour l’instant, il laisse cette question en suspens. Le dernier marathon de Peter Tiscione ne devait être qu’une autre étoile sur son impressionnante feuille de route. Son passage à Boston y laissera plutôt une marque particulière, indélébile.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.