L'âme d'une combattante
Plusieurs femmes ont assisté à la conférence de la résidente de Pointe-aux-Trembles –et ancienne Nord-Montréalaise- au Carrefour des femmes de Saint-Léonard, le 2 octobre. « Grandir plutôt que subir », surtout pendant le combat, c’est le message central qu’elle véhicule à travers son discours et aussi le titre de son autobiographie qu’elle a publié, il y a quelques années.
« Au début, je trouvais ça tellement gros que je ne trouvais pas le bonheur. Par après, je me suis mise à choisir sur quoi je portais mon attention. Parfois, ça ne peut être qu’un simple sourire qui fait ma journée », confie-t-elle.
Maintenant âgée de 60 ans, cela fait 11 ans qu’elle s’est libérée de son cancer. Lorsque le diagnostic est tombé, deux années difficiles de traitement ont suivies, au cours desquelles elle a finalement subi une double mastectomie. Difficile aussi de garder espoir, après avoir vu trois de ses sœurs être emportées par la même maladie, étant toutes porteuses du gène BRA2 du cancer du sein.
Mais Mme Déziel a pu compter sur l’appui de son autre sœur, Claire, qui avait réussi à vaincre cette maladie malgré le gène. Elle s’est donc accrochée à l’espoir de s’en sortir.
« On prend conscience de plein de choses lorsqu’on frôle la mort. Ce que j’essaie de dire aux femmes, c’est qu’il faut entretenir son moral et continuer d’avoir des projets », soutient-elle.
En période de convalescence, elle s’est découvert un talent pour l’écriture qui l’a menée au lancement de son livre, cinq ans jour pour jour après l’opération qui a changé sa vie. « J’étais une personne assez introvertie. J’ai perdu mon emploi, mais ça m’a permis de découvrir mon potentiel. On se définit beaucoup par son travail, mais il n’y a pas que ça », affirme-t-elle.
« J’ai l’impression d’être utile maintenant. La façon de m’exprimer, c’est par la poésie et c’est rempli d’espoir. J’ai plus confiance en moi et j’ai suivi beaucoup de formation sur la croissance personnelle pour mener une vie heureuse», poursuit-elle. Son éditrice lui a ensuite suggéré de parler de son histoire.
C’est pourquoi elle est maintenant passée de l’écrit à la parole.
Faire valoir l’importance de dépister
Tout juste avant la conférence de Mme Déziel, Mona Bahtit s’est adressée à des femmes au Carrefour pour les informer du Programme québécois de dépistage du cancer du sein (PQDCS) et pour les encourager à véhiculer un message de prévention à leurs consœurs.
À titre d’agente de planification, développement d’un réseau multiplicateur pour le PQDCS à la Direction de la santé publique (DSP), elle agit comme une « marraine » auprès des femmes de Saint-Léonard-Saint-Michel, surtout celles issues de la communauté arabophone.
Et pourquoi? C’est que la DSP a établi un portrait des participantes au programme et beaucoup de femmes âgées entre 50 et 69 ans issues des communautés haïtienne, arabophone et chinoise n’ont jamais passé l’examen.
« Elles ont beaucoup d’angoisse et de questions. Nous, l’idée, c’est de les orienter vers les bonnes ressources », soutient-elle. « Ce n’est pas juste d’augmenter le nombre de mammographies, c’est aussi de faire en sorte qu’elles connaissent les outils », poursuit Danique Edmond, infirmière conseillère prévention clinique au CLSC de Saint-Léonard.
Les femmes admissibles à participer au programme recevait par la poste une lettre d’invitation de la DSP qui peut servir de prescription médicale. Mais plusieurs d’entre elles ne semblaient pas comprendre l’utilité de la lettre. Depuis juillet, la DSP a réajusté le tir en envoyant un document qui ressemble davantage à une prescription.
La DSP recrute également des agentes multiplicatrices dans les diverses communautés, qui incitent d’autres femmes à subi une mammographie de dépistage, en leur fournissant la formation nécessaire et de la documentation à distribuer.
Pour information: Ligne info-mammo au 514 528-2424. Pour un service en créole: 514 953-1005 et en arabe: 514 336-3733.
Octobre est le mois de sensibilisation au cancer du sein.