Mademoiselle C à l’école La Dauversière
La bibliothèque a été aménagée dans la nouvelle aile de l’école, qui vient tout juste d’être construite. Sa réalisation a coûté entre 20 0000 $ et 25 000 $ (sans compter les coûts de construction), estime Martin Duquette, directeur du réseau des écoles d’Anjou et de Saint-Léonard.
La pièce, peinte en vert lime, est lumineuse et chaleureuse. Une grande fenestration laisse entrer la lumière du jour. Au lieu des éternelles rangées de rayons, les étagères longent les murs. Des coussins et des poufs moelleux aux couleurs vives incitent les visiteurs à s’installer confortablement pour feuilleter un livre. Des tableaux représentants les personnages de Mme Demers sont exposés un peu partout.
Les nouvelles technologies n’ont pas été négligées : des ordinateurs portables, un tableau intelligent et un projecteur ont aussi été installés.
« Quand je suis arrivée ici, la bibliothèque se trouvait au sous-sol de l’école. Elle était si petite que l’on pouvait seulement prendre un livre sans s’y attarder. C’était un rêve, pour moi, mais aussi pour les enseignants et les élèves, d’avoir un milieu de vie. Lors de l’agrandissement, un laboratoire informatique devait être aménagé ici. Mais j’ai demandé aux architectes de nous construire une bibliothèque. Quand ils m’ont montré les plans, je leur ai dit : vous ne comprenez pas, je veux une grande bibliothèque! Ils ont finalement modifié les plans à ma demande », a indiqué Gavina Carboni-Blais, directrice de l’école, les yeux brillants.
Afin de donner une âme à leur bibliothèque de rêve, Mme Carboni-Blais et les enseignants ont décidé de la nommer en l’honneur d’une auteure jeunesse. Le choix s’est tout naturellement porté sur Mme Demers.
« En plus d’inspirer les enfants, elle inspire les adultes. J’ai une enseignante qui est une fan finie de cette auteure et moi je l’adore. C’est quelqu’un qu’on a toujours voulu avoir dans notre école, mais à cause de son horaire chargé, ce n’était pas possible.
« Lorsqu’on lui a demandé d’être la marraine de notre bibliothèque, elle a accepté tout de suite. Elle a même proposé de suivre l’école et les élèves dans leurs projets. Dans le cadre du programme Culture à l’école, elle est venue passer sept jours avec nous et a rencontré tous les élèves. Avant qu’elle arrive, on a acheté ses livres et on a organisé des activités en fonctions des niveaux », a fait valoir la directrice, soulignant du même coup que Mme Demers a été élevée au rang de rock star à l’école La Dauversière.
Inauguration officielle
Lors de l’inauguration officielle de la bibliothèque, la célèbre auteure jeunesse était visiblement émue. L’émotion a atteint son comble au moment où des élèves lui ont remis un bouquet de fleurs et une plaque commémorative.
« Quand on m’a demandé de prêter mon nom à une bibliothèque, je me suis dit: quelle idée extraordinaire. Toutes les bibliothèques devraient adopter un auteur, dans le cadre d’un projet comme ça. Ça permet d’animer la lecture, mais aussi de faire connaître un écrivain.
« J’ai passé sept jours dans cette école et j’ai rencontré tout le monde. Ç’a fait en sorte que je me suis vraiment sentie adoptée par l’école La Dauversière. Je suis fière et honorée que cette école m’ait choisie. Pour une écrivaine qui rédige en solitaire, c’est vraiment un gros cadeau d’être adoptée comme ça. C’est vraiment une belle école », a avancé Mme Demers, encore émue.
Pendant son allocution, elle en a profité pour rappeler l’importance des livres.
« Pour attirer les jeunes à la bibliothèque, c’est rendu que l’on y introduit des jeux vidéo. Selon moi, il faut que ce soit axé sur les livres et la lecture. Le meilleur indicateur de la performance scolaire, c’est encore les habiletés de lecture et on n’a jamais eu autant besoin de lire pour fonctionner en société », a-t-elle insisté.
Lors de la cérémonie d’inauguration, les élèves et le personnel de l’école La Dauversière ont également eu une belle surprise. Pierre Boulay, directeur général de la commission scolaire de la Pointe-de-l’Île, a annoncé qu’une somme additionnelle de 2000 $ serait allouée à l’école pour faire l’acquisition de nouveaux livres. Il portait le ruban vert, symbole de la persévérance scolaire.