Remue-méninges éducatif
Dans le gymnase de l’école, près de 80 acteurs du milieu scolaire étaient réunis, alors que les organisateurs, Isabelle Massé, directrice et Pierre Poulin, enseignant, expliquaient le fonctionnement de l’événement. Au mur, une grille affichait l’horaire de la journée. Plusieurs cases étaient vides pour permettre aux gens de proposer des sujets à discuter dans le cadre de cette « non-conférence ».
Les participants se sont ensuite dirigés vers les différents locaux pour participer à la discussion de leur choix. Tableaux intelligents, ordinateurs portables et autres supports électroniques ont été utilisés à leur plein potentiel pour rendre les discussions dynamiques.
« Le concept du EdCamp est celui d’une formation par les pairs. Il n’y a pas de conférenciers, ce sont les enseignants, ceux qui sont sur le terrain, qui se parlent entre eux. Le but est de faire émerger de nouvelles idées. Les gens peuvent ensuite les adapter à leur milieu. Ça va vraiment avec l’esprit de l’école Wilfrid-Bastien », explique Isabelle Massé, directrice.
Plusieurs sujets ont été abordés, allant des moyens pour inciter les jeunes à la lecture à l’intégration des nouvelles technologies à l’école, en passant par l’accueil de nouveaux arrivants.
L’équipe enseignante de l’école Wilfrid-Bastien a présenté diverses initiatives mises sur pied pour répondre aux besoins de sa clientèle. Bien que celles-ci s’adressent à des élèves du primaire, des représentants des milieux préscolaire et secondaire ont semblé intéressés par ces projets, notamment en ce qui a trait aux nouvelles technologies. En effet, l’école est reconnue comme une pionnière de l’éducation « nouveau genre », notamment grâce à son programme ICl@sse, qui marie l’informatique aux matières académiques dites traditionnelles.
Le mot se passe
L’idée du camp pédagogique a piqué la curiosité de plusieurs acteurs du milieu scolaire québécois. Bien que ce modèle soit connu à travers le monde, il demeure méconnu au Québec.
« On a beaucoup de représentants de la commission scolaire de la Pointe-de-l’Île mais aussi de l’extérieur. On en a qui viennent du Lac-Saint-Jean, de Saint-Hyacinthe, de l’Estrie… Le mot s’est passé », annonce fièrement Mme Massé.
Les participants rencontrés sur place ont confié avoir voulu prendre part à cet événement pour se tenir au courant de ce qui se fait dans le milieu, mais aussi pour faire du réseautage avec des collègues des différentes commissions scolaires.
Parmi eux se trouvaient Mario Asselin et Sébastien Stasse, deux blogueurs reconnus dans le domaine de l’éducation.
« D’avoir des gens de l’envergure de MM. Asselin et Stasse, qui ont une certaine influence dans le milieu, c’est génial. Ils sont très actifs sur les réseaux sociaux en éducation et sont donc en contact avec le milieu politique. On sait que nos idées vont se rendre jusqu’en haut », fait valoir François Bourdon, enseignant à l’école Wilfrid-Bastien.
Le camp pédagogique a également rayonné en dehors des murs de l’école. Ronald Canuel, ancien directeur de la commission scolaire Eastern townships, qui prenait part au World Innovation Summit for Education, au Qatar, a également pris part aux discussions par vidéo-conférence.
Un beau bulletin
Les organisateurs se disent très satisfaits du bilan de ce premier camp pédagogique et comptent bien répéter l’expérience l’année prochaine.
« Pour notre première, on s’est limité au milieu scolaire. Dans les années à venir, on pourrait ouvrir les ateliers aux élèves, aux parents et autres intervenants qui œuvrent auprès des jeunes. Il y a aussi le milieu communautaire. C’est important qu’il soit présent puisqu’il a sa place à l’école », conclut Mme Massé.
Pour en savoir plus:
L’éducation au coeur des discussions
L’éducation à l’ère du web 2.0