Sud-Ouest
16:38 15 mai 2020 | mise à jour le: 15 mai 2020 à 16:38 temps de lecture: 4 minutes

Situation du logement: davantage d’inquiétudes dans le Sud-Ouest

Situation du logement: davantage d’inquiétudes dans le Sud-Ouest
Photo: Josie Desmarais/MétroLa Régie du logement a rappelé que le dépôt de garantie est illégal, après que la corporation des propriétaires immobiliers (CORPIQ) ait annoncé avoir trouvé une façon de le rendre légal.

Enjeu déjà bien présent dans l’arrondissement, la crise du logement pourrait s’accentuer avec la pandémie. À moins de deux mois de la période du déménagement, des organismes du Sud-Ouest craignent davantage de sans-logis cette année.

Les appels à l’aide de locataires pour la recherche de loyers sont plus nombreux du côté du POPIR-Comité logement et du Regroupement information logement (RIL) de Pointe-Saint-Charles. Le taux d’inoccupation autour de 0,5% dans le Sud-Ouest et la crise sanitaire qui déconseille les visites physiques de logements complexifient les démarches.

Depuis l’an dernier, il reste toujours cinq ménages du quartier qui se retrouvent en situation d’itinérance cachée, soit hébergé dans leur famille ou à l’hôtel, selon le POPIR.

«On pense que cette année les chiffres vont être à la hausse. À moins qu’il y ait une réponse adéquate», mentionne l’organisatrice communautaire, Ines Benessaia.

Si des locataires peuvent souffler un peu avec la mise sur pause des processus d’évictions et des programmes d’aide gouvernementaux temporaires, les ennuis ne sont que repoussés à plus tard, évoque le RIL.

«Nous nous attendons à un éclatement des problèmes de logements après la fin de ces programmes et la reprise des audiences à la Régie du logement. Les problèmes de mal-logement vont de plus en plus surgir», expose le coordonnateur, Hassan El Asri.

«Il y une continuité des problèmes de logements. La COVID-19 va ajouter une deuxième couche.»  — Hassan El Asri, coordonnateur au RIL de Pointe-Saint-Charles

D’autres pourraient se retrouver dans une habitation inadéquate, faute de choix. «C’est certain que des personnes vont rester dans des logements insalubres ou trop petit pour la taille de leur ménage», avance Mme Benessaia.

Solutions

Le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), dont font partie les deux organisations du Sud-Ouest, propose des mesures pour améliorer l’accès aux logements. Il revendique la prolongation de tous les baux, même pour les ménages n’ayant pas renouvelé et un moratoire sur les expulsions pour non-paiement.

Le FRAPRU souhaite aussi que Québec ajoute des suppléments de loyers d’urgence pour couvrir l’entreposage, l’aide au déménagement et l’hébergement temporaire. La réquisition d’hôtels et de logements inoccupés pour des personnes sans logis est aussi suggérée.

La construction de logements sociaux demeure aussi une solution pérenne, prône les organismes de protection des locataires.

Le cabinet du maire du Sud-Ouest promet que l’arrondissement accompagnera les locataires dans leurs démarches et pour le respect de leurs droits. Le conseiller de la Ville, Craig Sauvé, fait d’ailleurs partie de la table des partenaires, lancée par Montréal, qui tente d’éviter que des gens se retrouvent à la rue.

Sur ce regroupement, siègent notamment des associations de locataires et de propriétaire ainsi que la Régie du logement. Il devrait annoncer sous peu des mesures concrètes.

Règlement reporté

Prévue en mai, l’adoption d’un règlement pour contrer les rénovictions sera reportée à une date ultérieure. Le Sud-Ouest doit repousser les consultations publiques en raison de la COVID-19. Un projet de règlement avait été adopté lors conseil d’arrondissement extraordinaire, en mars.

La nouvelle réglementation vise notamment à interdire la suppression de logements dans un immeuble de plus de trois unités. La subdivision ou division d’un logement sera aussi proscrite, à moins que les travaux visent à augmenter jusqu’à trois le nombre d’unités dans un bâtiment qui en compte un ou deux.

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