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Une banque alimentaire qui se bat pour survivre afin de nourrir la communauté 

Le directeur général d'Épicentre Saint-Henri, Glenn Rubenstein
Le directeur général d'Épicentre Saint-Henri, Glenn Rubenstein Photo: Quentin Dufranne / Métro Média

Face à des subventions qui se font discrètes et aux besoins grandissants de la communauté, l’organisme en sécurité alimentaire Épicentre Saint-Henri adapte ses services pour continuer d’aider la population, mais craint de devoir un jour fermer ses portes. La banque alimentaire qu’offre l’organisme représente une des plus importantes du quartier du même nom.

Situé dans le sous-sol de l’église catholique Saint-Zotique, dont il partage les locaux avec l’organisme Benoît Labre, Épicentre Saint-Henri fonctionne de manière autonome depuis l’automne 2021. Chaque semaine, une centaine de paniers alimentaires sont distribués aux personnes dans le besoin, ce qui permet de nourrir près de 2000 personnes par année.

Approvisionné par des dons de Moisson Montréal et de fournisseurs ponctuels ainsi que par des surplus d’autres banques alimentaires – lesquels se font de plus en plus rares –, l’organisme se donne l’objectif de nourrir la communauté de manière saine.

Pour le directeur général d’Épicentre Saint-Henri, Glenn Rubenstein, un financement stable est fondamental pour avoir une équipe stable, à laquelle s’ajoute une trentaine de bénévoles et de stagiaires. Ces financements permettent aussi à l’organisme de compléter les dons reçus pour s’assurer que les bénéficiaires mangent de manière saine, quoique ces entrées d’argent soient de moins en moins fréquentes.

«Les dons sont aléatoires. Parfois tu sais ce que tu vas recevoir, alors qu’à d’autres moments, tu ne peux pas, et les dons ne suffisent pas», déplore Glenn Rubenstein.

Pour le moment, Épicentre Saint-Henri reçoit majoritairement du financement par projets, lequel permet notamment à l’organisme de rémunérer ses trois stagiaires. Face à l’absence d’aides financières permanentes, l’organisme n’a guère eu le choix de lancer une campagne de financement, mobilisant ainsi ses propres ressources au détriment de ses activités régulières.

«Parce qu’on est un nouvel organisme, on n’est toujours pas admis dans les programmes de soutien, explique Glenn Rubenstein. Voilà l’ironie. On a été créé pendant la pandémie pour répondre à l’urgence, mais la situation est encore pire en ce moment et il y a moins de fonds disponibles. Comment est-on censé pouvoir continuer à fonctionner?»

Le directeur général d’Épicentre Saint-Henri confie que l’organisme aurait besoin d’une aide annuelle de 250 000 $.

S’adapter pour survivre

À cause du manque de subventions et de la demande de plus en plus importante, Épicentre Saint-Henri a dû se résoudre à revoir son offre de services. Depuis décembre dernier, l’organisme a été contraint de diminuer la fréquence des distributions, les faisant passer de trois à deux jours par semaine.

L’organisme a aussi dû se rendre à l’évidence qu’il devait revoir la disponibilité de ses services, desservant désormais uniquement les personnes de Saint-Henri et de la Petite-Bourgogne, et dirigeant ceux venant d’autres arrondissements vers d’autres ressources.

«Il n’y avait pas assez de paniers et il n’y avait pas assez de nourriture pour continuer à en offrir aux gens qui venaient d’autres quartiers, explique Glenn Rubenstein. On n’a pas le choix. Parce que ni l’équipe ni la nourriture ne sont subventionnées.»

De plus, une contribution de 5 $ par personne est désormais demandée pour permettre à l’organisme de bonifier les paniers, dont la valeur avoisine les 100 $. Face à la baisse de revenus, l’organisme n’a pas eu le choix de diminuer de 20% les heures de travail de ses quatre employés.

L’organisme rappelle que les Montréalais désirant aider peuvent faire des dons en argent sur son site internet. L’équipe est aussi toujours à la recherche de bénévoles pour rejoindre ses rangs.

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