Sursis d’un an pour reloger les organismes de la Maison Saint-Charles
Soupir de soulagement pour les six organismes de la Maison Saint-Charles, qui devaient quitter en juillet 2016 les locaux qu’ils occupent dans l’école Charles-Lemoyne, dans Pointe-Saint-Charles. Ils disposeront d’un sursis d’un an pour se reloger. La Commission scolaire de Montréal (CSDM) les a informés mardi que c’est seulement à la rentrée 2017 qu’elle récupérera pour ses besoins l’espace qu’elle leur loue.
«Nous avons douze mois de plus. C’est un grand soulagement pour tout le monde. Ce temps devient précieux», exprime Guy Thibault, président du conseil d’administration de la Maison Saint-Charles et directeur général de Cuisine-Atout, l’un des organismes locataires.
La décision de la CSDM de ne pas renouveler les baux avait secoué les organismes. En plus de disposer de peu de temps pour tenter de se reloger dans un quartier où les locaux sont rares, ils pointaient du doigt la difficulté de se loger à un aussi bon prix. Les groupes communautaires paient moins de 3$ le pied carré en loyer alors qu’il en coûte quatre à cinq fois plus sur le marché privé.
Selon les projections du ministère de l’Éducation, le nombre d’élèves au préscolaire et au primaire doit augmenter au cours des prochaines années dans le Sud-Ouest. En mai dernier, la CSDM a annoncé aux organismes qui louent les locaux excédentaires au premier étage de l’école qu’elle allait reprendra cet espace le 1er juillet 2016 pour aménager des classes.
La CSDM loue les locaux depuis plus d’une dizaine d’années aux organismes regroupés au sein de la Maison Saint-Charles, dont Bâtir son quartier, le Comité des personnes assistées sociales, le centre de femmes Madame Prend Congé, le Regroupement information logement et la Société d’amélioration de Pointe-Saint-Charles.
Marge de manoeuvre
Mais la CSDM a revu ses prévisions du nombre d’élèves. Elle prévoit avoir suffisamment d’espace à Charles-Lemoyne pour la rentrée 2016. D’autant plus que le processus d’optimisation qu’elle a mis en place sur son territoire pour réaliser des économies se traduit par une classe de moins à l’école cette année. Il y a de l’espace disponible pour accueillir plus d’enfants.
«Nous avons la marge de manœuvre pour 2016», explique la commissaire scolaire de la circonscription Sud-Ouest, Violaine Cousineau.
«Ce délai permet à tout le monde de se relocaliser, souligne-t-elle. On savait que l’échéancier de 2016 était très difficile. On veut que les groupes survivent.»
La fin des baux est reportée au 1er juillet 2017. La CSDM récupérera le premier étage, qui devrait lui permettre de combler ses besoins jusqu’en 2019. Le bail pourrait être renouvelé pour trois ans pour les organismes qui occupent le rez-de-chaussée.
Pour se reloger, les membres de la Maison Saint-Charles misent sur un projet immobilier qui pourrait voir le jour sur le terrain situé au 2175, Saint-Patrick. Ce projet mixte comporterait des locaux pour les organismes, des logements sociaux et des copropriétés. «Le temps était devenu notre plus grand ennemi, confie Guy Thibault. Il est clair que ce projet ne peut se réaliser dans une échéance de huit mois. Ce répit d’un an nous donne du temps pour le faire aboutir.»
Les organismes de la Maison Saint-Charles offrent chaque année des services à environ 50 000 personnes.