Verdun

Le pont Samuel-De Champlain, le défi d’une vie

Le pont Samuel-De Champlain, le défi d’une vie
Photo: Gracieuseté - Arrondissement de Verdun

Présent depuis 2015 sur le chantier du nouveau pont Champlain, l’ingénieur de formation et directeur de la coordination du consortium Signature sur le Saint-Laurent Daniel Genest a quitté l’arrondissement vendredi. Il poursuivra son travail dans le projet de tramway à Québec.

Peut-on considérer que le nouveau pont Samuel-De Champlain est votre plus grand chantier?
C’était un grand projet, complexe, grandiose et un défi d’une vie, pas seulement pour moi, mais pour tous les gens qui s’y sont impliqués. Ce qui nous rend fiers, c’est qu’on livre un ouvrage d’or dont les Montréalais sont déjà fiers, bien qu’on ne l’ait pas encore terminé. C’est quelque chose de spectaculaire, qui est beau et qui va être une nouvelle porte d’entrée emblématique de Montréal.

Est-ce que vous connaissiez le territoire au préalable?
Je ne peux pas dire que j’étais particulièrement familier avec le secteur de Verdun et de L’Île-des-Sœurs, mais j’ai appris à le connaître et je considère très bien le connaître maintenant. Je parle d’un projet d’équipe. Certains ne connaissaient pas le territoire, à l’inverse d’autres, comme Caroline-Anne Perreault, résident à Verdun. Dans son rôle de conseillère aux relations avec la communauté, elle a été un atout incroyable au projet.
Je dois aussi remercier le maire de Verdun et son équipe qui m’a accueilli comme l’un des leurs. Jean-François Parenteau a été un grand supporteur du projet. Comme je lui avais dit lors de l’inauguration du nouveau pont Île-des-Sœurs, on n’a pas toujours été d’accord sur tout, mais c’est ce qui rend les amitiés plus solides.

Pour vous, quels ont été les grands moments du chantier?
En avril 2015, quand on a remporté le contrat puisqu’on s’embarquait dans une grande aventure. Ensuite, d’être capable dès la mi-juin de construire les trois jetées ouest à L’Île-des-Sœurs, qui avait été le premier contact sur le terrain. Puis, il y a eu d’innombrables défis tout au long de la réalisation des travaux. Je pense qu’à la mi-décembre 2018, quand l’ensemble de la structure du pont était terminé, ça a été un grand moment. On se trouve maintenant plus dans une pente descendante où on a moins de travaux et on vise encore de terminer en juin.

Est-ce que le chantier vous a changé?
Je pense que je suis le même individu aujourd’hui qu’en 2015, lorsque l’on a gagné, avec de bons réflexes opérationnels, mais j’ai appris beaucoup du chantier et c’est important de passer au suivant. Je souhaite que mon équipe profite de mon expérience et de mes connaissances. En ce sens, mon devoir est accompli puisque les gens qui vont assurer la continuité du projet ont tous les outils nécessaires pour bien faire les choses.

Quand on réalise le défi d’une vie, on n’a pas peur de s’ennuyer ensuite?
Pour être honnête, mon plan initial était de ne pas poursuivre d’autres opportunités après le pont Samuel-De Champlain. Je pense que j’étais le seul à y croire parce que le reste de mon équipe ne me voyait pas à la retraite.
Si on compare la portion conception/construction, le pont est 2,4 G$ et à Québec, c’est de l’ordre de 3 G$, donc le projet en valeur monétaire est plus gros. Ce qui m’a interpellé aussi, c’est que c’est un beau défi avec une équipe de leadership exceptionnelle en place. Je pense qu’il peut être aussi stimulant, avec une différence importante, c’est que le projet à Québec est beaucoup plus intrusif auprès des citoyens puisqu’on vient d’installer un tramway dans les rues municipales. La notion de dialogue avec la communauté sera très importante et c’est quelque chose que je fais très bien, donc ça vient chercher une de mes forces.