Villeray – Parc Ex – Petite-Patrie
05:30 13 juillet 2021 | mise à jour le: 13 juillet 2021 à 16:21 Temps de lecture: 3 minutes

Logement: des vidéos pour dénoncer la discrimination

Logement: des vidéos pour dénoncer la discrimination
Photo: Archives/Métro MédiaLa relation entre propriétaires et locataires immigrantes n’est pas toujours adéquate dans Villeray

L’Association des locataires de Villeray (ALV) a publié sur sa chaîne YouTube trois vidéos dans lesquelles plusieurs locataires issus de la diversité témoignent du rapport tumultueux qu’ils ont avec les propriétaires de leur logement.

Ces vidéos font partie intégrante du projet Des quartiers riches de leur diversité, financé par le Bureau d’intégration des nouveaux arrivants de Montréal (BINAM).

«Le BINAM voulait connaître un peu plus le tissu démographique des locataires en recherche de logement au sein de l’arrondissement Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension (VSMPE) et savoir s’il y avait des difficultés reliées à leur condition migratoire», explique Charles Castonguay, organisateur communautaire à l’ALV.

L’organisme a reçu une subvention de la part de la Ville de Montréal pour travailler en collaboration avec les autres comités d’aide au logement du secteur, comme le Comité d’action Parc-Extension et le bureau d’info logement de Saint-Michel.

Un projet divisé en trois phases

Afin d’aller jusqu’au bout de l’étude, le projet Des quartiers riches de leur diversité a été divisé en trois parties.

La première partie a été consacrée à la réalisation d’une étude sur les relations des locataires immigrantes avec leurs propriétaires. Cette étude a révélé que ces relations étaient souvent inégales.

Une autre étude, publiée en juin 2020 par le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ), a montré plusieurs exemples de groupes Facebook dans lesquels des propriétaires partagent leurs méthodes pour faire de la discrimination sans se faire poursuivre.

«Toujours mentionner qu’il y a une liste ou une autre personne devant pour vous garder une porte de sortie», pouvait-on lire comme commentaire publié dans l’étude.

La deuxième phase du projet était de rassembler des locataires immigrants ayant vécu des histoires troublantes. Ces témoignages ont été livrés dans le cadre d’ateliers virtuels.

«On est venu créer des espaces d’échanges pour plusieurs locataires immigrants et immigrantes pour parler de leurs réalités et de ce qu’ils vivaient face à la recherche de logements, mais aussi dans la relation avec leur propriétaire ou avec les pouvoirs publics dans le monde du logement», poursuit M. Castonguay.

La dernière partie a été consacrée à la réalisation de capsules vidéo dans lesquelles certains participants ont accepté de témoigner publiquement.

Dans l’une d’elles, une dame raconte que son propriétaire lui a donné une lettre en décembre 2019 où il était indiqué qu’elle devait quitter son logement d’ici le 1er juillet pour le donner à un autre.

«J’ai dit OK, mais je n’ai pas signé. Il m’a demandé pourquoi je ne l’avais pas fait et je lui ai répondu qu’il était impossible de déménager puisque mon mari et moi avons attrapé la COVID-19. Comment était-il possible qu’on déménage dans ces conditions-là?», affirme-t-elle dans la vidéo.

Pour Charles Castonguay, ce projet est nécessaire, car il n’est pas acceptable que des locataires soient discriminés de cette façon-là.

«Il y a des lois qui existent pour protéger les locataires, mais ceux qui viennent d’arriver au Québec ne les connaissent pas nécessairement et ils se font avoir plus facilement», affirme l’organisateur communautaire.

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