Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension

Miss Villeray a besoin d’amour

Miss Villeray, au coin des rues Villeray et Henri-Julien dans le quartier Villeray. Photo: Jean-Baptiste Demouy/Métro Média

L’enseigne lumineuse du bar-restaurant Miss Villeray a besoin d’être rénovée. Alors que la pandémie continue d’être difficile pour les restaurateurs, l’établissement a décidé de mettre en place une levée de fonds sur le site internet GoFundMe.com

Des rénovations complètes pour un coût d’environ 30 000 $? Ça fait cher, surtout en temps de pandémie, regrette le propriétaire du bar Miss Villeray, Nicolas Canuel.

Mais il tient à ce que cette levée de fonds ne permette pas uniquement de recueillir de l’argent, mais qu’elle contribue aussi à créer du lien dans la communauté de Villeray. Et la pandémie n’y est pas pour rien. M. Canuel parle avec émotion de son impact. Des habitudes que celle-ci a changées ou plutôt «détruites».

Il précise qu’à la réouverture en mai 2021, le Miss Villeray n’a pas retrouvé la même fréquentation pré-pandémie avant le mois de novembre. «Et quelque temps après, on a été obligé de fermer à nouveau.»

Ainsi, pour essayer de créer une valeur autre que l’habitude de se rendre dans son restaurant ou son bar préféré, Nicolas Canuel veut créer du lien. Et comment créer cela dans Villeray si ce n’est autour du Miss Villeray et de son enseigne en néon datant de 1960?

Une relique qui a besoin d’amour

Des pancartes en néon. Un souvenir des temps passés. Au sujet de ces enseignes très populaires dans les années 1950 et 1960, comme on peut le constater ne serait-ce qu’en regardant quelques films de cette époque, Nicolas Canuel indique qu’elles étaient légion dans Villeray à l’époque.

Mais elles ont perdu de leur superbe pour plusieurs raisons, dont le coût de leur entretien, qui s’élèverait à plusieurs milliers de dollars par an pour celle du Miss Villeray, selon le propriétaire.

Pour l’instant, la page GoFundMe a un plafond de 10 000 $, mais Nicolas Canuel ne se met pas de limite pour atteindre le véritable objectif de 30 000 $. «Le plus tôt sera le mieux, mais si c’est six mois, eh bien, on attendra six mois.»

Car la demande de fonds s’est aussi dirigée du côté de la Ville. Dans l’espoir de faire de l’enseigne du Miss Villeray une membre du patrimoine, Nicolas Canuel indique qu’il avait été en contact l’arrondissement. Mais aucune demande officielle n’a été formulée à l’heure actuelle, précise la chargée de communication pour l’arrondissement, Rachel Vanier.

Cette dernière précise également que «l’enseigne n’était cependant pas admissible au programme d’aide financière de la Ville, car il aurait fallu que l’arrondissement la traite comme une caractéristique architecturale, c’est qui n’est pas prévu à notre règlement».

«L’article 650 du Règlement de zonage permet par contre de réparer ou de remplacer le support et le contenu d’une enseigne dérogatoire, protégée par droits acquis, à condition de ne pas aggraver la dérogation ou d’en créer une nouvelle», précise l’arrondissement. Il est donc possible pour M. Canuel de faire enlever Miss Villeray pour la faire rénover.

Une histoire qui fait l’histoire

Nicolas Canuel et un partenaire ont acquis le bar à la fin des années 2000. En rénovant le bar et l’enseigne, celui-ci est tombé sur des journaux vieux des années 60 qui indiquent que René Lévesque se serait même rendu au moins à l’ouverture du bar en 1960.

Extrait d’un journal d’époque avec la publicité pour l’ouverture du Miss Villeray. Photo : Jean-Baptiste Demouy/Métro Média

Nicolas Canuel précise également que, lors de leur reprise du bar à la fin des années 2000, peu d’espaces de ce genre existaient. Il affirme être le deuxième bar «trendy» à avoir ouvert dans Villeray après le restaurant Tapeo, ouvrant la voie à de nombreux autres commerces comme la brasserie EtOH, par exemple.

Comme le précise Miss Villeray elle-même dans un message publié sur le site de la levée de fonds: «Mon nom est Miss Villeray ou Scarlette pour les intimes. J’ai l’honneur d’être suspendue au-dessus de mon resto-bar sur le coin des rues Villeray et Henri Julien dans le quartier Villeray. Je suis ici depuis 1960 à vous regarder passer, joyeux et heureux pour venir célébrer et partager avec les personnes que vous aimez, chez nous, dans ce lieu où les gens affichent toujours un grand sourire.»

La pandémie et son impact

Comme le précise Nicolas Canuel, les fermetures successives en raison de la pandémie ont «tué les habitudes» des gens. Et ces habitudes sont longues à être retrouvées, souligne-t-il.

Mais une réouverture à 50% de la capacité ne fonctionne pas non plus, selon lui. «On ne rentre tout simplement pas dans nos frais. À 100% de capacité, la marge est déjà très mince.» Et il ne prend même pas en compte l’inflation qui entraîne depuis quelque temps déjà une forte hausse du prix des denrées alimentaires.

Nicolas Canuel espère donc que la levée de fonds, en plus de permettre de rénover Miss Villeray, permettra de créer du lien social dans le quartier de Villeray.

Une rénovation complète doit coûter environ 30 000 $ et une rénovation partielle, entre 10 et 15 000 $, selon le propriétaire.

Pour les personnes intéressées, les informations peuvent être trouvées sur le site internet de GoFundMe.com.

Il n’y a pas de don minimum, précise Nicolas Canuel. Les gens peuvent faire avec leurs moyens, souligne-t-il. «Peu importe que les gens donnent 5, 10 ou 20 $.»

Une ancienne version de cet article précisait que des démarches prises auprès de la Ville n’avait pas abouti. La Ville précise cependant que seulement des discussions avaient eu lieu, sans demande officielle. Aussi, il était indiqué que l’enseigne ne pourrait être réinstallée si elle était démontée pou être rénovée. La Ville indique cependant qu’il est possible de le faire.

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