Un panier pour réussir
Alder Pierre est un ancien de l’école secondaire Lucien-Pagé ainsi que du programme. Il a commencé ses études secondaires en 1994 et s’est engagé dans ce sport, dès les premiers jours. Aujourd’hui, le passionné du ballon rond est enseignant en éducation physique et responsable de basket Pagé.
« Quand je voyais que j’avais du basketball dans mon horaire, j’étais content. Ça me motivait grandement à aller à l’école. Le programme m’a motivé à faire carrière dans ce milieu. Je voyais ceux qui m’avaient précédé et qui avaient obtenu des bourses ou qui allaient jouer aux États-Unis. C’était mon rêve d’y parvenir. Tout ce que j’ai fait était pour cela. Je n’aurais jamais cru que je serais un professeur d’éducation physique et que je m’occuperais du programme de basket. Ça m’a permis de réussir dans la vie », soutient M. Pierre.
Le résident de Villeray – Saint-Michel – Parc-Extension affirme même que sans son passage à Lucien-Pagé, il n’aurait surement pas poursuivi cette carrière.
« Sans le programme, je ne serais pas là aujourd’hui. Ç’a été une école de la vie pour moi. J’y ai appris beaucoup de valeurs. J’ai découvert la fraternité, même si je n’avais pas de frère. J’ai appris d’une autre façon ce qu’est une famille. J’ai acquis la discipline, la persévérance, l’importance de donner toujours le meilleur de soi-même pour réaliser ses objectifs », indique-t-il.
L’importance des études
Au cours des deux dernières décennies, le programme de basketball a changé. Plus axé sur le rendement sportif à ses débuts, il privilégie désormais les études.
« Au départ, le basket était utilisé pour lutter contre la délinquance juvénile. Étant dans un milieu défavorisé, les fondateurs ont décidé d’utiliser les infrastructures qu’ils avaient pour créer un organisme sportif. Ils mettaient les jeunes dans un univers de compétition pour qu’ils acquièrent la discipline et qu’ils veulent se surpasser, raconte M. Pierre.
« J’ai vécu cela en tant qu’élève. Je vois les ratés aujourd’hui. Concrètement, il n’y avait pas d’outils ni de structure pour aider les jeunes dans leurs études. C’est pour cela que je dis à mes joueurs qu’ils sont des élèves-athlètes et non des athlètes-élèves. »
L’objectif de l’organisme est d’amener l’adolescent à un niveau supérieur autant du point de vue sportif qu’académique. Pour y arriver, l’école Lucien-Pagé et les entraîneurs ont mis en place des systèmes de soutien pour les élèves.
« Nous utilisons le basket pour les motiver à continuer l’école, souligne le responsable. Nous travaillons sur la persévérance scolaire. Ils doivent réussir un minimum de cours. Toutes les trois semaines, nous recevons aussi une feuille de route des enseignants sur le comportement et le rendement de l’élève. Nous mettons ensuite des choses en place pour améliorer la situation, comme un horaire de récupération obligatoire. Si ce n’est pas respecté, il y aura des sanctions dans les entraînements et dans les matchs. Nous voulons que les jeunes comprennent l’importance d’aller à l’école et qu’ils y prennent goût. »
De plus, un local a été aménagé pour les élèves du programme où ils peuvent, entre autres, se préparer à un examen. « Les jeunes viennent faire leurs devoirs avant chaque entraînement. Ils finissent leurs cours à 15 h 30 et nos entraînements ne débutent pas avant 16 h 30 ou 17 h. C’est obligatoire et nous avons une feuille de présence. On a créé un environnement pour alléger leur journée », mentionne M. Pierre.
Au tour de la gent féminine
Actuellement, le programme de basketball n’est offert qu’aux garçons, une situation que souhaite changer l’enseignant.
« Elles sont souvent laissées de côté. Elles viennent pour être ensemble et s’amuser et nous nous concentrons alors sur les gars. Mon but ultime est d’amener les filles vers le compétitif », laisse-t-il savoir.
Les élèves féminins de première secondaire devraient pouvoir s’inscrire, au plus tard, en septembre 2015. Toutefois, le responsable désire qu’elles puissent le faire pour la prochaine année scolaire.
« Je veux avoir une structure avant de démarrer le projet pour les filles. Auparavant, j’avais commencé des équipes féminines, mais elles venaient simplement pour jouer. Il faut s’assurer d’avoir un bon bassin pour que la structure soit la même pour les filles que pour les garçons. Je veux que les deux aient les mêmes privilèges et les mêmes obligations », annonce-t-il.