La paroisse Sainte-Cécile : un symbole fort dans Villeray
Le contexte religieux a changé en un siècle, mais ils sont encore près de 400 fidèles à assister à la messe dominicale. Selon le curé Marc Rivest, la paroisse Sainte-Cécile maintient le cap grâce à la présence des communautés culturelles.
«Quand j’étais enfant, il n’y avait pas de communautés ethniques. Aujourd’hui on a des Portugais, des Vietnamiens, des Haïtiens, des Africains…Ce sont eux qui enrichissent notre communauté. Sur quinze jeunes, j’ai un Canadien Français. Ici à Sainte-Cécile, c’est l’apport des communautés culturelles qui a aidé à poursuivre notre mission.»
Un lieu de vie dans le quartier
Lorsqu’elle a été érigée, l’église était considérée comme «un lieu de vie sociale».
«Quand les fidèles demandaient l’érection canonique d’une paroisse, c’est qu’ils avaient un besoin sur le plan spirituel, les paroisses étaient un lieu de socialisation. On se rassemblait, c’était un lieu très actif. Cent ans plus tard, cela n’existe plus», constate M. Rivest.
L’église Sainte-Cécile reste toutefois un fort symbole à cette intersection des rues Henri-Julien et De Castelnau. Un projet d’aménagement du parvis est en cours de réalisation. D’ici l’été prochain, des bancs devraient être installés ainsi que de la verdure et des fleurs afin de devenir un lieu de vie et d’animation. «Je connais des citoyens qui adorent cette église, beaucoup de gens qui reviennent du marché Jean-Talon viennent la visiter», raconte le curé.
Sainte-Cécile fêtera-t-elle son bicentenaire?
Plusieurs défis attendent la paroisse. Le sort des églises d’abord. «Une bâtisse comme celle-ci c’est autour de 50 000$ à chauffer», souligne M. Rivest.
La transmission de la foi entre les générations en est un autre. Pour le curé, l’Église devrait mettre plus de moyens en place pour retenir les jeunes, une désaffection qu’il qualifie de « dramatique». Le rôle du prêtre et l’attitude des fidèles évolue également au fil des années. «Il y a cent ans, c’est le curé qui faisait tout dans la paroisse. Ça ne suffit plus de dire « on devrait faire comme avant », ce n’est pas pour rien qu’il y a une pénurie de prêtres», conclut M. Rivest.
Un peu d’histoire…
De style néo-roman, l’église Sainte-Cécile a été fondée par Édouard Beaulac. «C’est une église qui est bien mais qui n’a pas de supers décorations, pas de vitraux, pas de grandes orgues. C’est plutôt simple. C’était la volonté du curé fondateur qui était essentiellement un homme simple. Cette érection correspondait aux résidents du village d’alors, de milieu modeste», explique le curé Marc Rivest. Soulignons que la boiserie est en châtaignier avec de la feuille d’or et que la chaire est d’origine.
Quand à Sainte-Cécile, il s’agit d’une romaine ayant vécu au troisième siècle. Martyre, elle est devenue la patronne des musiciens. Selon la légende, elle chantait dans son cœur les louanges du seigneur pendant que résonnaient les instruments de musique. Elle-même n’a cependant jamais joué aucun instrument. Représentée avec un orgue portatif, la sainte a été inhumée dans une basilique de Rome.
Les célébrations du centenaire de la paroisse se termineront le 27 novembre avec une messe célébrée par le cardinal Jean-Claude Turcotte.