L'arrondissement lutte contre l'abattage d'arbres matures
L’administration locale compte tripler l’amende.
« Nous sommes particulièrement déçu dans le cas de HAPOPEX, parce que c’est un de nos partenaires de longue date. L’entrepreneur a endommagé cinq arbres, en creusant trop près d’eux, dans le projet de développement immobilier de l’ancien presbytère Saint-Roch. Ces arbres ont donc du être abattus, parce qu’ils étaient trop instables et près de zone passante. Un autre entrepreneur a lui aussi endommagé un arbre sur la rue Jarry Ouest. Il n’a pas respecté la taille maximale d’agrandissement des fondations de la maison dicté par son permis. Les contrats spécifiaient que ces arbres devaient être préservés », explique la conseillère de Ville du district Parc-Extension, Marie Deros.
Le projet Outremont-Champagneur, dont HAPOPEX est le promoteur en tant qu’organisme d’habitations communautaire de Parc-Extension, abritera 21 familles du quartier dans des logements sociaux. Contacter par leProgrès Villeray–Parc-Extension, le directeur général d’HAPOPEX, Bruno Dion, avoue être attristé par cette erreur faite par le sous-traitant.
« Nous avions spécifié dans l’appel d’offre que des mesures devaient être prises pour protéger ces arbres. Ç’a n’a pas été respecté. Les racines étaient aussi plus fragiles qu’on l’avait évalué au départ. Nous allons évidemment payé l’amende, tout en regardant avec l’entrepeneur général et le sous-traitant en excavation qui a quel part de responsabilité dans tout ça. Nous soumettrons aussi un plan de verdissement à l’arrondissement pour tenter de compenser cette perte », indique M. Dion
Des amendes plus salées
À la suite de ces évènements, les élus ont rencontré les urbanistes de l’arrondissement pour étudier la possibilité de faire passer l’amende maximale de 700 à 2500 $, soit trois fois et demie plus élevée. Dans un cas comme celui d’HAPOPEX, l’amende aurait été de 12 500 $.
« On veut que ça ait un effet dissuasif et que les promoteurs y pensent à deux fois avant d’endommager la végétation. En plus, ça va générer des revenus pour reverdir, même si nous n’aurons pas d’arbres de cette qualité avant de nombreuses années. Nous investissons déjà beaucoup pour améliorer la canopée, alors c’est frustrant quand de telles choses arrivent », indique l’élue.
Au conseil d’arrondissement du 7 octobre, la mairesse Anie Samson a spécifié que la majorité des promoteurs respectaient la réglementation.
« La majorité des entrepreneurs respectent leurs ententes. Nous prenons pour acquis qu’ils sont de bonne foi. Cependant, lorsque des arbres matures sont endommagés, il faut sévir pour s’assurer que ça ne se reproduira pas », spécifie la mairesse.
Un total de dix arbres ont été abattus dans Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension en 2013 et 2014. Mme Deros mentionne cependant que 400 arbres sont plantés annuellement.
Une canopée stable depuis dix ans
Le couvert d’arbres dans Parc-Extension serait demeuré relativement stable lors des dix dernières années.
« Ça fait 11 ans que je travaille dans le quartier et il n’y a pas d’augmentation du couvert. L’arrondissement plante 400 arbres, mais en coupe 300, parce qu’ils sont malades. C’est donc relativement stable. Cette année, à l’écoquartier, nous avons réussi à vendre une trentaine d’arbres grâce à un employé temps plein. C’est très difficile de convaincre les gens, de nombreux mythes persistent », indique M. Racine.
Le secteur serait le moins pourvu en espace vert de toute la Ville de Montréal, toujours selon l’écoquartier. Il est aussi celui où les plantations ont le moins d’espace pour grandir, soit un mètre par un mètre carré, contre quatre mètres carrés ailleurs à Montréal.
« Lorsqu’on alloue seulement un mètre, l’arbre reste chétif et à moyen terme, finit souvent par mourir. À quatre mètres, les racines peuvent prendre suffisamment d’expansion pour qu’ils atteignent la maturité et soient solides », affirme M. Racine.
Pour augmenter les efforts et la concertation, Vrac environnement désire s’associer à l’arrondissement pour concentrer les forces et travailler en concertation.
« Quand tout le monde œuvre chacun dans son coin, on est moins efficace. Nous avons une expertise qu’ils n’ont pas et vice versa. Nous espérons développer un partenariat avec l’arrondissement en 2015 pour que tous les acteurs impliqués puissent améliorer leur efficacité et au final, multiplier les plantations dans le secteur », conclut M. Racine.