Qui est Meghan Markle, la fiancée du prince Harry?
LONDRES — Bien connue dans le monde du divertissement et n’hésitant pas à parler de son passé ou de ses passions, l’actrice américaine Meghan Markle tranchera avec le reste de la royauté britannique lorsqu’elle épousera le prince Harry au printemps.
D’une certaine manière, Mme Markle — une métisse divorcée qui a grandi en Californie — est un ajout étonnant à la monarchie anglaise. Mais la royauté a évolué au fil du temps, et l’histoire d’amour entre le prince Harry et Meghan Markle projette une image fraîche et moderne.
Mme Markle est surtout connue pour son rôle dans la série télévisée américaine «Suits». Elle en a étonné plus d’un quand elle a librement partagé ses sentiments envers Harry en septembre, dans les pages du magazine «Vanity Fair». Questionnée au sujet de la frénésie médiatique qui entourait le couple, la femme de 36 ans a dit: «En fin de compte, c’est très simple (…) Nous sommes deux personnes très heureuses et très amoureuses.»
Décrivant Harry comme son «petit ami», Mme Markle a ajouté qu’elle savait que le prince et elle devraient éventuellement afficher leur relation publiquement, mais qu’ils n’étaient qu’un couple qui appréciait chacun la compagnie de l’autre. «Personnellement, j’aime une belle histoire d’amour», a-t-elle dit.
Il est inhabituel pour la petite amie d’un membre de la famille royale de s’exprimer aussi publiquement — et candidement — avant les fiançailles. Plusieurs anciennes copines de Harry ont apparemment été échaudées par l’intensité médiatique, et la future belle-soeur de Mme Markle, Kate Middleton, a gardé le silence jusqu’à ce que le prince William et elle accordent une entrevue au palais de Buckingham — après leurs fiançailles.
Mais Meghan Markle n’est pas comme les autres «gens du peuple» qui ont entretenu des liens romantiques avec un membre de la famille royale: elle est familière avec les médias et le monde du spectacle. En plus de «Suits», elle a été vue dans des séries comme «Fringe», «CSI: Miami», «Knight Rider» et «Castle».
Elle a aussi fondé le blogue TheTig.com — qui est disparu en avril — et a profité de sa célébrité pour appuyer différentes causes humanitaires.
Elle a fait campagne avec l’ONU pour l’égalité des sexes, elle s’est rendue au Rwanda comme ambassadrice du groupe Vision mondiale Canada, et elle a écrit dans les pages du magazine «Time» concernant l’éducation des filles et la honte qui entoure les menstruations. Elle a révélé que sa mère l’avait emmenée visiter les bidonvilles de la Jamaïque pour voir ce qu’est la pauvreté, expliquant que de telles expériences avaient eu un impact sur son implication sociale et humanitaire.
Le couple s’affiche à Toronto
La relation entre le prince Harry et Meghan Markle a été étalée au grand jour pour la première fois en septembre à Toronto, aux Jeux Invictus, quand ils se sont tenus par la main en public. Quelques jours plus tard, Harry a été photographié l’embrassant sur la joue lors des cérémonies de clôture.
Mme Markle a dit avoir été présentée à Harry par des amis communs à Londres en juillet 2016. Si leur relation a été discrète au début, l’attention médiatique est ensuite devenue si intense que Harry a ressenti le besoin de confirmer qu’ils formaient un couple — ce qui lui a permis par le fait même de demander aux journalistes de bien vouloir respecter la vie privée de sa petite amie. Il a condamné «le sexisme évident et le racisme» de certains commentaires en ligne, et dit que des articles ayant une «connotation raciste» étaient allés trop loin.
Certains tabloïds n’ont pas hésité à rappeler que la mère de Mme Markle est noire et son père, blanc. Dans une entrevue accordée en mars, la jeune femme a dit que l’étude des questions raciales à l’université lui avait donné «une première occasion de nommer ce sentiment d’être trop pâle dans la communauté noire et trop métisse dans la communauté blanche. Lors de la distribution des rôles, on me décrivait comme étant d’une « origine ethnique ambiguë ».»
Le fait qu’elle soit une métisse ne semble de toute manière intéresser personne au Royaume-Uni, où sa bague de fiançailles et le lieu du mariage prévu au printemps ont retenu beaucoup plus d’attention.
«C’est (son origine ethnique) l’aspect le moins intéressant de la nouvelle d’aujourd’hui, a dit l’ancien ministre des Affaires étrangères Malcolm Rifkind, qui admet que ça aurait été différent il y a quelques décennies. Ce n’est pas un problème. Il n’y a pas de controverse. Le monde est rendu ailleurs.»
Il a cité en exemple l’élection de Sadiq Khan, un musulman dont les parents ont immigré du Pakistan, à la mairie de Londres.
«Dans une cour (royale) qui est encore aussi blanche qu’elle l’était à l’époque de la reine Victoria, peut-être faut-il que le changement commence au sommet», a écrit l’historienne Kate Williams dans «The Guardian».
Mme Markle a épousé le cinéaste Trevor Engelson en 2011, mais le couple s’est séparé deux ans plus tard.
Lors de son entretien avec «Vanity Fair», elle a affirmé que l’attention de la planète ne changeait rien pour elle.
«Je suis la personne que je suis, et je ne laisse pas mes relations me définir, a-t-elle dit. Les gens qui sont proches de moi me permettent de m’ancrer à mon identité. Le reste, ce n’est que du bruit.»