États-Unis: Une question controversée dans le recensement
WASHINGTON — Le recensement de 2020 aux États-Unis comprendra une nouvelle question sur le statut de citoyenneté, une décision critiquée par les démocrates, inquiets que cela puisse intimider les immigrants et les dissuader de remplir le questionnaire.
Le recensement, qui a lieu tous les dix ans, est bien plus qu’un exercice théorique. Il doit se tenir en vertu de la Constitution, afin de déterminer notamment le nombre d’élus dans chaque État et le financement distribué aux gouvernements locaux. Le recensement aide aussi les communautés à décider où construire les écoles, les hôpitaux et les épiceries, entre autres.
C’est le secrétaire du Commerce qui est responsable de choisir les questions du recensement. Le secrétaire Wilbur Ross avait jusqu’à la fin du mois de mars pour soumettre sa liste au Congrès. Le département plaide que cette information sur la citoyenneté aidera le département de la Justice à appliquer la Loi sur le droit de vote (Voting Rights Act), qui protège le droit de vote des minorités et qui aide à éviter de diluer leur poids électoral.
La Maison-Blanche a déclaré mardi qu’elle «appuyait» cette mesure, mais la porte-parole Sarah Sanders a insisté pour dire que la décision avait été prise par le département.
Une coalition de procureurs généraux avait exhorté le département à ne pas ajouter une telle question, jugeant qu’elle pourrait diminuer la participation des immigrants au recensement et ainsi mener à une sous-estimation de cette population.
Le procureur général de la Californie, Xavier Becerra, a déjà annoncé que son État déposerait une poursuite contre l’administration Trump à ce sujet.
Le secrétaire d’État démocrate du Massachusetts, William Galvin, a confié à l’Associated Press qu’il s’attendait à ce que son État se joigne à cette poursuite. Il accuse M. Ross de vouloir le réduire le poids des nouveaux arrivants dans les États comme le sien, où il y a beaucoup d’immigrants.
«La Constitution nous oblige à compter chaque personne qui vit aux États-Unis, pas chaque citoyen», a souligné M. Galvin.
La chef de la minorité démocrate à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a affirmé mardi que cette nouvelle question provoquera «la peur et la méfiance dans des communautés vulnérables», qui sont déjà traditionnellement sous-estimées.