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Militantes Femen: 10 ans d’actions coup de poing

Photo: Sean Gallup

Poutine, Berlusconi, et dimanche les commémorations du 11-Novembre à Paris: seins nus, les militantes Femen entendent dénoncer dans des actions coup de poing l’oppression politique et religieuse dans le monde.

En parvenant à forcer la sécurité au passage de la limousine de Donald Trump dans le convoi officiel des chefs d’État sur les Champs-Élysées, ces militantes féministes ont ajouté une nouvelle action spectaculaire à une liste déjà longue.

Trois militantes Femen ont déjoué la sécurité des commémorations du 11-Novembre à Paris dimanche, en faisant irruption sur les Champs-Élysées au passage de la limousine de Donald Trump dans le convoi des chefs d’État, malgré l’important dispositif déployé par les forces de l’ordre.

Quelques heures plus tôt, l’une de ces militantes a réussi à se mêler aux photographes accrédités pour la cérémonie de commémoration de l’Armistice de la Première Guerre mondiale, près de l’Arc de Triomphe. Signalée aux forces de sécurité par les photographes intrigués par la présence de cette inconnue dotée d’un badge au nom d’une consoeur connue, elle a ensuite été extraite du groupe.

Cette femme a été reconnue sur une photo comme étant l’une des trois Femen interpellées après leur intrusion au passage du cortège. Le groupe féministe, joint par l’AFP, a affirmé ne pas avoir de rapport avec cette femme. L’Élysée se refusait à tout commentaire en fin de journée.

L’intrusion des militantes sur les Champs-Élysées a été diffusée en direct pendant cet événement mondial, alors que près de 10.000 policiers, gendarmes et pompiers avaient été déployés pour sécuriser la capitale, sur fond de menace terroriste persistante.

Revendications

Couronnes de fleurs sur la tête, slogans tracés en grosses lettres noires sur leur poitrine dénudée, ces femmes, souvent jeunes et sveltes, trompent depuis dix ans les services de sécurité, se faufilent dans les foules pendant manifestations ou événements officiels, en hurlant leur message contre toutes formes d’oppression.

Créé en 2008, à Kiev en Ukraine, les Femen se rêvent d’abord en nouvelle icône du féminisme.

Elles se font connaitre en 2010, s’imposant dans un bureau électoral de Kiev pour dénoncer un risque de « glissement vers la dictature » avec le candidat prorusse à la présidentielle, Viktor Ianoukovitch.

Puis leurs actions s’étendent rapidement à l’étranger, ciblant les présidents qu’elles accusent d’autoritarisme, les partis politiques comme le Front national en France. Et font « le buzz », sans que l’on sache combien de femmes ce mouvement regroupe vraiment.

En 2011, menacé d’emprisonnement à Kiev, le groupe quitte l’Ukraine pour Paris où elles trouvent refuge.

Dans la capitale française, elles mènent alors des actions contre Dominique Strauss-Kahn, alors accusé de viol, ou encore en 2013 dans la cathédrale Notre-Dame de Paris.

La même année, elles perturbent la visite du président russe Vladimir Poutine au Salon de l’industrie de Hanovre, en Allemagne, en hurlant « Fuck dictator ! ».

Depuis quelques temps, leur mouvement semblait s’affaiblir, sous le coup de nombreuses divisions internes, de condamnations judiciaires et d’une multiplication de critiques à leur égard.

Mais depuis le début de l’année, les militantes féministes ont multiplié les actions médiatiques.

En janvier, quatre d’entre elles ont manifesté devant l’Élysée contre la venue du président turc Recep Tayyip Erdogan.

Quelques jours plus tard à Prague, une autre s’est ruée sur le président tchèque Milos Zeman, pro-russe et pro-chinois, au moment où il s’apprêtait à mettre son bulletin de vote dans l’urne.

En avril, c’était au tour de Silvio Berlusconi de voir une Femen débarquer dans son bureau de vote en Italie, hurlant « Berlusconi tu es périmé ».

 

 

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