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La Grèce, talon d'Achille de la zone euro

Les bookmakers britanniques font ces jours-ci un pari fou : dans quelques mois, tout au plus un an, la Grèce sortira de la zone euro. Dimetrios Georgios Synodinos, alias Jimmy the Greek, hésiterait à leur donner raison. Le célèbre parieur, mort en 1996, leur aurait rappelé qu’en revenant au drachme, la Grèce verrait sa survie économique encore plus menacée.

Chose certaine, les vrais experts ont raison : la Grèce est le maillon faible de la zone euro, son talon d’Achille. Tourner le dos à la monnaie unique ne la ferait pas sortir d’office de l’Union européenne (UE), mais provoquerait un tsunami financier à l’échelle du Vieux Continent, et l’onde de choc ébranlerait les marchés internationaux. Bref, le gros chaos.

L’Allemagne, coffre-fort de l’UE, en est bien sûr consciente. Elle a beau pousser les hauts cris, regretter la présence grecque dans l’Union, elle n’a pas d’autre choix que faire marcher la planche à billets. Jusqu’à quand cependant? Comment Athènes peut-elle rembourser une toute petite partie de sa dette totalisant 400 G$ quand son PIB doit encore reculer de 3 % cette année?

Dans la capitale, au moins 15 % des magasins du centre-ville ont mis la clef sous la porte. Un pays peut-il déclarer faillite et recommencer à zéro? Tout est possible, mais il faudra alors en finir avec les fraudes endémiques qui font que même les morts touchent une retraite.

Il faudra aussi que l’Église orthodoxe fasse une croix sur ses propriétés foncières totalisant presque 1 G$ et accepte que ses prêtres ne soient plus des salariés de l’État : ces derniers reçoivent mensuellement 2 800 $, alors que le salaire moyen de leurs ouailles est de 985 $.

Seule une séparation entre l’Église et l’État permettra d’y arriver. Autant parler de miracle. C’est ce qu’il faudra pour mettre de l’ordre dans la maison grecque, qui est en train de flamber socialement à cause de la purge financière et économique imposée par l’UE. 

Les constants tours de vis budgétaires font mal. Pour la première fois depuis la fin de la dictature en 1974, cynisme et sinistrose dominent. La majorité des Grecs ne croit plus en rien. Ni Georges Papandréou, le premier ministre socialiste, ni Antonis Samaras, son adversaire conservateur,  ne sont les hommes de la situation. Dans la tragédie grecque, il y a 10 millions d’«indignés».

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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