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L’entrepreneuriat vert au secours de la Terre

Photo: collaboration spéciale

Des entrepreneurs dégourdis réussissent là où les dirigeants du monde échouent. Miracle? Non. Plutôt le début d’une prise de conscience du monde des affaires.

Voici une suggestion : plutôt que de vous mettre en colère lorsque les dirigeants du monde se réunissent pour le COP19, le sommet des Nations unies sur les réchauffements climatiques qui s’est ouvert lundi, à Varsovie, et échouent – encore une fois – à trouver une solution à l’état critique de la planète, faites quelque chose par vous-même.

Par exemple, installez un jardin miniature devant votre entrée. Cela réduira les émissions de CO2, d’abord parce que vous ne serez plus obligé d’aller au supermarché pour obtenir vos fruits et légumes, et ensuite parce qu’ils n’auront plus à parcourir de longues distances dans des camions réfrigérés pour atteindre une épi-cerie près de chez vous.

Et parce que vous remplacerez une partie de votre consommation de viande par du poisson tiré de votre petit étang personnel, vous réduirez vos émissions de CO2 encore davantage.

Impossible? Derrière ce concept de fermes aquaponiques à grande échelle, il y a l’Efficient City Farming, un groupe allemand qui permet à des citoyens ordinaires de cultiver un jardin – et même de s’adonner à la pisciculture! – dans un conteneur.

«La ferme, c’est en réalité un conteneur maritime avec une serre sur le dessus, explique Christian Echternacht, cofondateur d’Efficient City Farming. L’aquaculture (poissons) est dans le conteneur, l’hydroculture (végétaux) est dans la serre. Les plantes, qui absorbent les gaz à effet de serre émis par les poissons, font en sorte que la ferme ECF est carboneutre.»

Les besoins en nourriture représentant à peu près 20 % des émissions de CO2 d’un Occidental moyen, une baisse drastique de l’empreinte écologique laissée en se nourrissant ferait une différence énorme sur le réchauffement climatique.

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Devant l’incapacité des gouvernements à se mettre d’accord sur un plan destiné à réduire de manière substan-tielle les émissions polluantes, la solution semble résider dans les initiatives populaires.

Par exemple, une entreprise française émergente, Qarnot Computing, propose de chauffer la maison grâce à la chaleur émise par les processeurs d’ordinateur haute-performance. «Les processeurs produisent de la chaleur. Nous avons trouvé un moyen de l’utiliser dans les maisons, les écoles et les entreprises», raconte le fondateur de Qarnot, Paul Benoit.

Les premiers radiateurs de Qarnot ont été installés dans une école de Paris et un édifice d’habitation. Utiliser la chaleur des processeurs permet d’économiser l’énergie nécessaire pour chauffer une maison ou un bureau, ainsi que celle consacrée au refroidissement du processeur. En bref, cela permet de réduire davantage les émissions de gaz à effet de serre.

Ces innovations permettront-elles de prévenir un réchauffement désastreux de la planète? La réponse, c’est non. Mais elles feront une plus grande différence que les politiciens réunis à un nouveau sommet dédié à l’environnement. Le pouvoir est aussi entre nos mains.

Quelques faits sur le sommet
Les délégués réunis au COP19 ont parcouru le monde pour venir à Varsovie. Mais, pour améliorer l’empreinte écologique laissée par le sommet, les Nations unies encouragent les participants à être écoresponsables. Voici quelques-unes de leurs recommandations :

  • Vers la ville. Si possible, utilisez le train et évitez l’avion ou la voiture pour venir à Varsovie.
  • Dans la ville. Pour visiter Varsovie, privilégiez le transport en commun et le vélo.
  • Papier. Réduisez vos impressions au minimum.
  • Limite. Votre pays est autorisé à apporter ou à recevoir des livraisons de papier pesant au maximum 150 kg.
  • Réutiliser. Recyclez vos papiers, vos bouteilles et vos cannettes.
  • Réutiliser – un an plus tard. Conservez votre identifiant COP en prévision du prochain sommet.

La question est de savoir si ces actions sont suffisantes. Bien sûr, il sera bénéfique pour la nature que les délégués visitent Varsovie en vélo plutôt qu’à bord d’imposantes limousines. Mais la plupart d’entre eux devront prendre l’avion pour s’y rendre.

Empreinte écologique. Un sommet qui coûte cher à l’environnement

Les délégués du COP essaieront de s’entendre sur le nombre de pays qui doivent réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Ils tenteront aussi de s’accorder sur les pays qui devront payer pour cette réduction. Ironiquement, ils émettront des milliers de kilos de CO2 pour se rendre à la conférence, où aucune résolution majeure n’apparaît sur le point d’être conclue.

Pour calculer ce que vous émettez au cours d’un voyage : http://terrapass.com/carbon-foot print-calculator-2

2010 United Nations Climate Change Conference
Prémonitoire? La statue de la Liberté émerge à COP16, à Cancun./Getty

Culture éthique. La technologie au secours du fermier responsable

Selon Marie-Joseph Lambert, la meilleure solution, c’est d’écouter les plantes. Sa compagnie, CybeleTech, a développé une technologie capable de prédire la croissance des cultures. Grâce à son aide, les fermiers peuvent utiliser les engrais de manière plus ciblée, réduisant ainsi les quantités nécessaires et les émissions de CO2.

«Nous pouvons calculer le taux adéquat de nitrogène, un composant de l’engrais, pour chaque champ, explique le président Lambert. Cela nous aidera à développer une agriculture plus durable.»

«En calculant le taux adéquat de nitrogène nécessaire pour chaque champ, nous pourrons développer une agriculture plus durable.» – Marie-Joseph Lambert, président de la compagnie française CybeleTech

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Entrevue avec Marie Jürisoo, de Research Associate, Stockholm Environment Institute

Chaque sommet des Nations unies sur le climat est un échec. Celui-ci sera-t-il une réussite?
Toute la structure du COP est basée sur les sommets annuels. Même si le COP19 n’aboutit pas à des décisions importantes, ce n’est pas nécessairement un échec. Ces conférences qui ont lieu chaque année maintiennent l’enjeu climatique à l’agenda du monde. Et le fait que le dernier sommet sur le climat, qui a eu lieu il y a six mois à Bonn, n’a rien donné de concret poussera peut-être les délégués à faire des progrès cette fois-ci.

À quoi pouvons-nous nous attendre pour la conférence de cette année?
À des discussions à propos des engagements pris par différents pays – par exemple, ceux des pays en développement, ceux des économies en croissance, et ceux des pays développés.

Pourquoi les pays ont-ils été incapables de s’entendre jusqu’à présent?
Le défi, c’est de décider combien de pays doivent réduire leurs émissions. Il y a une certaine inertie dans le système de gouvernance de l’ONU. C’est une institution qui a été créée il y a 60 ans, et elle reflète un monde révolu dans lequel l’équilibre mondial était différent.

Est-ce juste que la Chine doive faire de petites réductions, alors que des pays développés se voient imposer de grandes réductions de CO2?
La Chine fait beaucoup sur le plan national pour réduire ses émissions de CO2.

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