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Un maire de gauche à New York

Photo: Getty

Mort, le rêve américain? Oui, si les profondes inégalités sociales persistent. Surtout à New York. Sur 8,3 millions d’habitants, la ville compte 400 000 millionnaires. Son nouveau maire de gauche, Bill de Blasio, veut à tout prix faire baisser ce record mondial.

Assermenté le 1er janvier, le successeur de Michael Bloomberg, 13e fortune planétaire, mise sur une fiscalité plus redistributive pour mener à bien sa croisade, car c’en est une, contre la pauvreté dans la métropole américaine.

Plus de 20 % de ses habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté (15 % pour la moyenne nationale), et 1 % de ceux qui travaillent gagnent à eux seuls 40 % de la masse salariale, faisant de la Grosse Pomme l’une des villes les plus inégalitaires des États-Unis.

Dans un pays encore convaincu que les riches sont riches parce qu’ils le méritent, prendre, même un peu, aux fortunés pour donner aux démunis a de moins en moins un parfum de soufre de lutte des classes.

Pas moins de 66 % des Américains pensent d’ailleurs que la distribution des revenus et des richesses doit être plus équitable. D’autant que la classe moyenne, socle du rêve américain, trime davantage pour garder tout au plus ses acquis.

Si les écarts de richesse à New York sont loin d’être nouveaux, ils se sont accentués pendant les 12 ans de règne de Bloomberg, pour qui les pauvres de sa ville n’ont pas à se plaindre puisqu’ils ont l’air climatisé en été et le chauffage en hiver.

Si, dans l’ensemble, il a donné aux New-Yorkais une meilleure qualité de vie et sorti 650 M$ de ses poches pour financer plusieurs projets, il laisse à son successeur un trou de 2 G$ dans le budget annuel de 70 G$. Cela va hypothéquer les nombreuses promesses du nouveau maire pour venir en aide aux 50 000 sans-abri de la ville, financer l’école maternelle dès 4 ans, construire des dizaines de milliers de logements sociaux, préserver les hôpitaux publics, aider les petites entreprises… Le tout en pigeant dans la poche des riches.

Ce sera loin d’être facile. Barack Obama en sait quelque chose. La taxe spéciale qu’il devait imposer aux riches se fait toujours attendre. Les milliardaires tels que Warren Buffett appelant à imposer davantage les grosses fortunes ne courent pas les rues.

Bill de Blasio, premier maire démocrate à la mairie new-yorkaise depuis 1989, croit pouvoir tenir sa promesse. Angélisme politique? Peut-être pas, si les riches tentés de quitter la Grosse Pomme concluent que partir leur coûterait plus cher que verser davantage leur dîme fiscale.

Dans tous les cas, le temps où tous les milliardaires de la planète décidaient de s’installer à New York est peut-être révolu. Un choix que Bloomberg considérait comme une «bénédiction divine». Avec Bill de Blasio, ils devront désormais faire contre mauvaise fortune bon cœur.

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