Présidentielle française : une campagne insipide sur fond de crise européenne
À quelques encablures du premier tour de l’élection présidentielle française, l’heure est venue de faire un bilan de la campagne électorale.
Chômage, problèmes économiques, retraite, pouvoir d’achat, éducation, – voici les principales préoccupations des Français. Il était donc difficile de mener une campagne électorale des plus palpitantes.
La crise économique qu’a connue l’Europe, et par conséquent la France, a obligé les 10 candidats à se concentrer sur des enjeux essentiels comme les questions économiques ou encore la fiscalité au sens large. «C’est probablement l’une des campagnes électorales les plus ennuyeuses qu’a connues la France depuis très longtemps», souligne Martial Foucault, professeur agrégé de science politique à l’Université de Montréal.
Et comme les réponses apportées par chaque candidat étaient globalement identiques, M. Martial a constaté l’apparition tout au long de la campagne de plusieurs micro-enjeux, comme le prix du permis de conduire ou l’étiquetage de la viande hallal. «D’ailleurs, depuis novembre 2011, il y a une faible mobilisation des électeurs français», fait-il remarquer.
Loin du taux de participation de 83 % en 2007, la faible mobilisation durant cette campagne risque également d’entraîner un fort pourcentage de non participation au scrutin présidentiel.
Mais pouvions-nous éviter une campagne ennuyeuse? Difficile à dire puisque, contrairement à 2007, qui annonçait le changement, 2012 présente des candidats qu’on connaît déjà et des thèmes pour une sortie de crise.
Prévisions
Le premier tour du scrutin ne devrait pas causer de surprise. «C’est un NON catégorique, on ne revivra pas un 2002! affirme M. Foucault. Je travaille sur des prévisions électorales qui vont à l’encontre des méthodes de sondage et qui s’appuient sur les conditions économiques du sortant et la popularité du président, et elles donnent un second tour Hollande/Sarkozy sans aucune ambiguïté. Et dans ce second tour, on a une victoire 52-48 pour Hollande, avec une marge d’erreur de 1 point», confie-t-il.
À Montréal
La métropole présente un profil d’électeurs français de centre-gauche, explique le professeur de science politique de l’UdeM. «Les voix vont en général aux principaux candidats dès le premier tour. Je ne serais pas surpris qu’ici, le tiercé gagnant soit Hollande, Sarkozy et Bayrou», lance M. Foucault.
En attendant de savoir qui seront les deux candidats à passer le premier tour, Français, à vos bulletins!
***
En chiffres : 30 000
Au 31 décembre 2011, date limite pour s’inscrire sur les listes électorales, on comptabilisait plus de 30 000 électeurs. Comparativement à 2007, Montréal a enregistré pour la première fois le plus grand nombre de Français inscrits sur les listes électorales consulaires, avec 32 000 électeurs.
***
Le premier tour à Montréal
Les Français de Montréal inscrits sur les listes électorales consulaires sont appelés à participer au scrutin présidentiel.
- Où. Au Collège Stanislas, 780, avenue Dollard, à Outremont.
- Quand. Samedi 21 avril, de 8 h à 20 h
- Plus de renseignements sur le site du Consulat général de France à Montréal