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Écrasement de l’A320: «La thèse du suicide paraît peu crédible»

Photo: The Associated Press
Daphnée Leportois - metronews.fr

Le copilote de l’A320 qui s’est écrasé dans les Alpes « a volontairement permis la chute de l’avion ». C’est l’élément-phare de la conférence de presse tenue ce jeudi 26 avril par le procureur de Marseille, Brice Robin. Selon les enregistrements de la boîte noire analysée, Andreas Lubitz, 28 ans, « a actionné le bouton commandant la perte d’altitude, pour une raison […] qui peut s’analyser comme une volonté de détruire cet avion ». Puisqu' »il n’y a aucun élément qui milite en faveur d’un acte terroriste », peut-il s’agir d’un suicide? Le point avec le professeur Antoine Pelissolo, président de l’Association française des troubles anxieux et de dépression.

Comment expliquer que le copilote, s’il voulait se suicider, ait aussi entraîné dans la mort 150 personnes?
On peut évoquer trois possibilités. La première, c’est l’indifférence aux autres pour cause de désespoir personnel profond et de pensée dépressive altérée. La deuxième éventualité, c’est le désir de vengeance: on ressent un sentiment d’injustice délirant et on punit les autres. La dernière supposition, qui advient dans les cas de dépression très sévère, c’est l’impression que l’on va sauver les autres en les tuant, parce que la vie n’a pas de sens. C’est ce qui advient quand des gens se suicident après avoir tué leur conjoint et leurs enfants. On parle alors, en termes psychiatriques, de « suicide altruiste ».

Ce geste aurait alors une explication psychiatrique?
On ne peut rien éliminer. Ce peut être le fruit d’une dépression sévère ou d’une psychose, avec des événements délirants. Mais il faut savoir qu’une maladie mentale grave et chronique n’éclate pas tout d’un coup. S’il a réussi à dissimuler ces éléments, il était vraiment très fort pour donner le change. L’hypothèse du suicide pour cause de maladie psychiatrique n’est donc pas très crédible. Sauf que celle de l’attentat ne l’est pas non plus, d’après les données actuelles. C’est vraiment très complexe.

Pourrait-il alors s’agir d’un « coup de folie », d’une impulsion suicidaire?
Ce serait étrange puisque que le geste n’a pas été seulement soudain: le copilote a aussi persisté dans la baisse d’altitude. Cela semble plus déterminé qu’impulsif.

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