Alexis Tsipras vise un second mandat plus fort
Le premier ministre grec, Alexis Tsipras, a annoncé sa démission jeudi dernier. Des experts suggèrent qu’il a agi ainsi pour déclencher des élections rapides – qui pourraient avoir lieu le 20 septembre – et retourner au pouvoir plus fort qu’avant. Le directeur du Centre pour la paix et la liberté de l’Independent Insitute, Ivan Eland, s’est entretenu avec Métro sur la question.
Pourquoi Tsipras a-t-il décidé de démissionner maintenant?
Près du tiers de son parti, Syriza, se rebelle contre l’accord qu’il a conclu avec les créanciers internationaux et qui inclut de nouvelles mesures d’austérité. Même si Tsipras a accepté les conditions des créanciers, il demeure très populaire auprès du peuple grec pour avoir tenté de leur résister et sera probablement réélu. Il veut utiliser l’élection pour faire taire la dissidence dans son parti. Toutefois, il doit tenir le scrutin rapidement, avant que les nouvelles mesures d’austérité n’entrent en vigueur.
Comment les dirigeants de l’Union européenne (UE) ont-ils réagi à cette nouvelle?
Ils savent maintenant qu’ils doivent composer avec la politique intérieure grecque. Tsipras a démontré qu’il est plus pragmatique qu’il ne le laissait entendre en campagne électorale. Les dirigeants de l’UE vont donc le laisser gérer la politique domestique pourvu qu’il ne menace pas l’entente de financement avec les créanciers.
À quoi peut-on s’attendre maintenant?
La Grèce est un panier de crabes. Les créanciers devront effacer la dette grecque pour que le pays puisse demeurer dans la zone euro. Jusqu’à ce que cela arrive, la Grèce passera de plan de sauvetage en plan de sauvetage, ou sortira de la zone euro. Je crois que même l’Allemagne finira par accepter d’effacer la dette afin de conserver le pays dans la zone.