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09:43 28 septembre 2020 | mise à jour le: 28 septembre 2020 à 10:01 temps de lecture: 5 minutes

Un cri du cœur pour l’école publique

Un cri du cœur pour l’école publique

Nous sommes indignés face à la solution prise par le CSSDM afin de combler les postes d’enseignants titulaires de classes de l’adaptation scolaire, c’est-à-dire de rapatrier les orthopédagogues en dénombrement flottant et de les assigner à ces tâches.

Nous sommes tout à fait conscients que chaque enfant a besoin d’un enseignant titulaire, nous savons également très bien que la pénurie d’enseignants, particulièrement dans le champ de l’adaptation scolaire, mine nos écoles, ici, au CSSDM depuis plusieurs années, voire plusieurs décennies. En cette année particulière et déjà chargée en défis pour tout un chacun, voilà qu’on suggère de panser une plaie en causant une blessure d’autant plus profonde, soit de retirer un soutien nécessaire à la réussite aux enfants les plus vulnérables.

Les milieux défavorisés comme le nôtre ne peuvent se permettre de perdre des services dans le contexte actuel. Avec un indice de défavorisation de 10, soit l’indice le plus élevé, il est raisonnable de croire que les enfants de notre école ont déjà subi les effets du confinement et de la pause prolongée du cheminement scolaire de façon plus vive que les enfants de milieux plus favorisés, que les effets négatifs de cette période critique risquent de se faire ressentir plus profondément et plus longtemps dans notre milieu. On pense entre autres au nombre élevé de parents travaillant dans le secteur tertiaire qui ont dû travailler pendant le confinement et qui ont manqué de temps pour assurer le suivi scolaire de leur enfant. On pense aussi aux nombreuses familles n’ayant pas ou peu de matériel informatique permettant aux élèves de suivre leurs cours, ou encore la désuétude de ce dit matériel. On relève aussi les familles monoparentales ou allophones, ou les deux, pour qui le suivi de la scolarité est aussi un défi. Nous ne nous attarderons pas sur les autres tribulations avec lesquelles vivent bon nombre de familles de notre quartier : faibles revenus, détresse alimentaire, analphabétisme, etc.

Les parents de notre école font confiance à l’institution, font confiance à l’École avec un grand E, pour aider les enfants qui partent avec moins de chance que les autres. Notre milieu est fragile et nous savons que tous les parents de St-Michel ne peuvent pas monter aux barricades pour défendre les services enlevés à leurs enfants. Ils croient en notre capacité, en notre engagement à offrir le meilleur à nos élèves. Nous avons le devoir de nous montrer dignes de cette confiance en défendant vertement les enfants qui nous sont confiés.

Toutefois, loin de nous demeure l’idée de recommander de retirer le service aux milieux plus favorisés, mais nous vous demandons, M. le directeur du CSSDM, de prendre en considération qu’un milieu socio-économique fragile et allophone comme le nôtre devrait et doit bénéficier d’une protection accrue en ce début d’année mouvementé. C’est le souhait que nous vous adressons et nous comptons sur vous pour faire entendre haut et fort la réalité que nous vivons, le rôle que nous jouons auprès de nos enfants, la mission que la communauté nous confie.

Jacinthe Bourdon-Cloutier, orthopédagogue – Marie-Hélène Coutaller, orthopédagogue – Mélissa L’Heureux, orthopédagogue – Lucette Leclerc, enseignante préscolaire – France Panneton, enseignante préscolaire – Ouidad Kaghida, enseignante préscolaire – Isabelle Désy, enseignante préscolaire – Nathalie Darveau, enseignante 1re année – Marie-Mireille Alexis, enseignante 1re année – Moussa Chikh, enseignant 1re année – Nabila Kachebi, enseignante 1re année – Béatrice Wesanu Djamba, enseignante 2e année – Nathalie Renaud, enseignante 2e année – Isabelle Mailhot, enseignante 2e année – Marianne Bastien Fugère, enseignante 2e année – Geneviève Daoust, enseignante 3e année – Hélène Maillé, enseignante 3e année – Saliha Ait-Hamadouche, enseignante 3e année – Emily Moquin-C., enseignante 3e année – Brigitte Bigeault, enseignante adaptation scolaire – Nicu Pintillie, enseignant 4e année – Lindita Profka, enseignant 4e année – Giulia Lato, enseignant 4e année – Lucie Dauphinais, enseignante adaptation scolaire – Brahim Belkacem, enseignant 5e année – Hacène Moussouni, enseignant 5e année – Lee Francklin Prucien, enseignant 5e année – Audrey-Ann Guilbault, enseignante adaptation scolaire – Julie Corbeil, enseignante 6e année – Virginie St-Pierre, enseignante 6e année – Karine Jean-Bart, enseignante 6e année – Mélanie Malo, enseignante éducation physique – Sophie Boismenu, enseignante éducation physique – Ameur Milane, enseignant éducation physique – Rebecca Oswald, enseignante anglais – Mélanie Leblanc, enseignante anglais – Caroline Chabot, orthophoniste – Ramz. Saadouni, enseignante soutien linguistique – Edith Fort, psychoéducatrice – Caroline Tellier, tech. éducation spécialisée – Stéphanie Archambault, tech. éducation spécialisée – Béthie Aubescar-Jean-Marie, tech. éducation spécialisée

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