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Days Gone: tuer des zombies à moto

Days Gone: tuer des zombies à moto

La première grande exclusivité de Sony pour la PS4 cette année ne restera pas dans les annales, mais elle devrait tout de même permettre aux amateurs de mondes ouverts de passer du bon temps.

Deux ans après une catastrophe ayant transformé une bonne partie de la population américaine en zombies, le motocycliste Deacon St. John a la vie dure. Le personnage à la casquette à l’envers doit non seulement prendre soin de son acolyte Boozer, mais il doit aussi retaper sa moto, accomplir des petits boulots pour les différents camps qu’il croise sur son chemin, aider des inconnus et, surtout, comprendre ce qui est advenu de sa petite amie (qui l’acceptait après tout malgré son accoutrement vestimentaire).

Voilà pour le fond. Pour la forme, Days Gone est un amalgame d’à peu près tous les jeux en monde ouvert lancés au cours des dernières années. La carte se dévoile au fur et à mesure qu’on s’y déplace (même si Deacon connaît la région comme le fond de sa poche dès le début de l’histoire), le personnage s’améliore avec le temps et des armes peuvent être fabriquées à l’aide d’objets amassés sur le territoire, par exemple.

Bend Studio

Il y a aussi quelques points originaux, comme la possibilité de se battre contre des hordes de zombies, ce qui nécessite beaucoup de préparation et une exécution irréprochable, ainsi qu’une structure narrative où les différentes histoires parallèles se dévoilent toutes un peu à la fois pendant les missions principales et secondaires du jeu.

De bonnes mécaniques
Les mécaniques de Days Gone sont dans l’ensemble assez réussies. Les motos offrent une bonne vitesse qui permet de ne pas trop avoir l’impression de perdre son temps pour se rendre d’une mission à l’autre (ce qui est assez fréquent), et leur manœuvrabilité est exemplaire, surtout lorsqu’elles ont été améliorées. Je préfère les motos de Days Gone aux chevaux de Red Dead Redemption ou aux voitures de Grand Theft Auto, par exemple.

Détail intéressant, Deacon St. John n’a pas besoin de manger ou de boire pour demeurer en vie, mais Days Gone comporte quand même des éléments de survie, puisqu’il faut constamment réparer sa moto et s’assurer qu’on a toujours assez de gazoline dans le réservoir.

Les combats sont quant à eux corrects. L’intelligence artificielle des humains laisse à désirer, mais affronter les zombies est un défi intéressant, surtout le soir, lorsqu’ils sortent par dizaines (il est d’ailleurs préférable de trouver un lit avant le coucher du soleil).

Malheureusement pour le studio Bend qui a créé le jeu, les joueurs sont aussi habitués à des systèmes plus complexes dans les mondes ouverts que ceux proposés ici. Des franchises comme Assassin’s Creed et Far Cry créent par exemple des mondes vivants, où la nature et les personnages semblent vivre tout autour de nous. Cette finesse bâtie au fil des ans manque ici à l’appel.

Des personnages auxquels on ne s’attache pas
Autre point négatif important, l’histoire laisse beaucoup à désirer. Aucun thème abordé ne réinvente le genre (il faut dire que les zombies ont été surexploités au cours des 20 dernières années) et les personnages nous laissent indifférents. C’est vrai pour les personnages secondaires, mais aussi pour les personnages principaux. Sur ce point, la différence avec The Last of Us, un jeu dans un monde similaire, est flagrante.

L’intrigue aurait probablement bénéficié d’un montage plus serré. Comme c’est là, il n’y a tout simplement pas suffisamment de chair autour de l’os pour nous sustenter complètement pendant la trentaine d’heures que dure le jeu. Les missions répétitives nuisent aussi à l’histoire.

Après plusieurs excellentes exclusivités l’année dernière pour la PS4 comme Detroit Become Human, God of War et Marvel’s Spider-Man, le nouveau jeu de Sony déçoit. Days Gone n’a pas les forces narratives du premier, la finition visuelle du second ou l’agréable légèreté du dernier. Vous passerez un bon moment à y jouer, mais vous l’oublierez sitôt le générique final complété.

Note : 70/100

Days Gone est offert dès maintenant sur PS4 pour 79,99$.

Commentaires 1

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  • Grant Neil Anderson

    Comment réussir à faire un article qui une fois de plus, détruit Days Gone, alors qu’on ne sait absolument pas sur quoi l’intrigue principale est basée. Bon, ce ne sont pas des zombies, mais bien des mutants qui se transforment petit à petit qu’on avance dans l’histoire. Et oui, l’humour irrévérencieux de Deek et Boozman fait qu’on s’attache à eux. Quand Boozer se fait couper le bras, les joueurs ont eu cette haine envers les Rippers. L’amour que Deacon ressent pour Sarah et le dévouement qu’il porte à l’apologie de son nouveau mode de vie, font de lui un personnage attachant, complexe, mais aussi paradoxale. Et honnêtement, on ne peut pas comparer ces Open World Post-Apocalyptiques à des franchises vidéoludiques qui font d’autres types de jeux vidéos en monde ouvert. Comparer Read Dead à Days Gones… c’est de faire dans la mauvaise dentelle. L’originalité des hordes qui sont redoutables m’a scotché sur place. L’utilisation des armes et le principe des crédits et de la confiance, ont également été de bonnes bases pour mettre en contexte le genre de « nouveau monde » dans lequel ont évolué nos héros, du début de l’apocalypse jusqu’à la fin du jeu. Le scénario de l’histoire principale m’a également surpris. Je ne m’attendais pas vraiment à ce que Skizzo me trahît à la solde des Rippers, ni que nos personnages principaux connaissaient le chef de ces tarés qui ont tous fini noyés.

    C’est déjà la 4ime critique nétative que je lis à l’encontre de Days Gone en trois jours à peine, et ça me peine de voir ces pseudos chroniqueurs dépeindre un jeu vidéo qui m’a tenu en haleine pendant plus de 50 heures. À part les bogues récurents et le ralentissement du jeu à certains endroits, ce fut un excellent jeu vidéo que je n’oublierai pas de sitôt, dans la même trame que Horizon Zero Dawn. 92% des utilisateurs ont aimé Days Gones, mais à en lire les critiques, personne ne l’a aimé. Bizarre. Qui croire ? Certainement pas les pseudos chroniqueurs.