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Ils ne pourront pas nous ignorer éternellement

Photo: Montage Métro

CHRONIQUE – Les politiciens ont l’habitude de promettre mer et monde aux personnes qui sont les plus susceptibles de voter pour eux. C’est pourquoi les préoccupations des jeunes font rarement partie des priorités électorales: les jeunes ne votent pas. L’actualité nous offre quelques exemples de cette stratégie plus vieille encore que celleux à qui elle profite.

Il n’y a pas de doute que les 500 $ que le gouvernement Legault glissera dans nos poches juste avant les prochaines élections visent à acheter le vote des 6,4 millions de Québécois qui gagnent moins de 100 000 $ par année. Personne ne sera fâché de recevoir 500 $, mais les jeunes ne sont pas dupes non plus. Cette somme ne les aidera pas à faire face à la crise du logement, pas plus qu’elle ne leur permettra d’assumer la mise de fonds sur un condo dont le prix a augmenté le temps de faire une offre d’achat. Ce montant ne calmera pas leur écoanxiété, pas plus qu’il n’aplanira les inégalités, au contraire. Avec 1000 $, les jeunes familles ne trouveront pas plus de place en garderie qu’une épicerie où l’on peut nourrir quatre bouches pour 75 $ par semaine!

À un autre palier de gouvernement, Jean Charest faisait récemment l’éloge des pipelines et se vantait de ses amitiés avec l’industrie des sables bitumineux pour lancer sa campagne à l’investiture du Parti conservateur. S’il avait pu s’enfiler un shooter de kérosène pour nous convaincre de ses allégeances, il l’aurait probablement fait. Bien sûr, cet acte de foi envers les pétrolières visait à séduire l’électorat albertain. Ce faisant, Jean Charest pouvait difficilement s’éloigner davantage des préoccupations de ma génération. Ma génération qui, soit dit en passant, a contribué à l’éjecter du pouvoir en 2012.

Et c’est ça l’affaire. Les politiques pourront de moins en moins ignorer ma génération. Réunis, milléniaux et zilléniaux constituent maintenant près du tiers de l’électorat québécois. Ils ont le pouvoir d’élire un autre gouvernement que celui de leurs parents (et de leurs grands-parents).

On dit qu’ils ne s’intéressent pas à la politique, mais alors qu’on se remémore ces jours-ci les dix ans de la mobilisation étudiante de 2012, rappelons-nous que le taux de participation de cette génération avait presque doublé lors de cette élection historique. La génération qui a été marquée par le printemps érable est politisée. Elle est préoccupée par les inégalités sociales, une hausse du coût de la vie qui n’est pas en adéquation avec les salaires, l’accès à la propriété, et surtout, par une crise climatique qui la pousse à remettre en question un projet aussi trivial que celui de faire des enfants.

Je ne pense pas que vous allez nous avoir à coups de 500 $ et de promesses de pipelines. On rêve de plus grand que ça. Et notre poids démographique nous donne de plus en plus raison de croire en nos rêves.

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