Mea culpa: le quatre cylindres de la Outlander livre plus que prévu!
Il y a un an, lors du lancement de la nouvelle génération du Mitsubishi Outlander V6, je vous conseillais de ne pas attendre l’arrivée du moteur quatre cylindres. Je prévoyais qu’avec ce dernier, les accélérations seraient bruyantes, que l’utilitaire serait nettement sous-alimenté. Eh! bien, je me trompais.
À ma décharge, je dois dire que mon expérience du premier Outlander quatre cylindres m’avait grandement déçue. J’envisageais donc avec appréhension l’essai de l’Outlander 2008 propulsé par un nouveau quatre cylindres de 2,4 L.
Moteur plus raffiné
Surprise : même si elle n’est guère plus puissante que la précédente (168 chevaux contre 161) , la nouvelle motorisation est plus raffinée et indéniablement plus souple. C’est d’autant plus remarquable qu’elle est jumelée non pas à une boîte manuelle comme on l’attendait, mais plutôt à une transmission à variation continue (CVT).
Personnellement, je ne suis pas une fervente des CVT. Mais il faut l’admettre ici, elle joue bien son rôle, en plus d’aider à la réduction de la consommation d’essence. De surcroît, elle se pointe avec le mode séquentiel, pour un contrôle encore plus direct. Résultat : l’ensemble livre diligemment les accélérations, sans cacophonie pour l’oreille. Toute une amélioration, par rapport à l’ancien modèle. Mea culpa pour avoir douté…
Un zeste de sportivité
Sur la route, l’Outlander conserve ce zeste de sportivité qui le différencie des autres utilitaires. Merci à une suspension plus ferme que la moyenne et la présence de barres stabilisatrices. La direction est précise et le freinage, mordant.
Cette nouvelle version de base (ES) est offerte en variante deux ou quatre roues motrices. La traction intégrale accepte d’être manuellement verrouillée (50 % avant et 50 % arrière) lorsque les conditions se corsent : c’est un très bon point.
Autre bon point : son habitacle de base conserve les atouts des versions plus équipées. À commencer par une bonne insonorisation, un agencement ergonomique et des rangements pratiques. Je donne un gros 9/10 pour l’assemblage très serré et l’impression de qualité qui s’en dégage.
À l’arrière, les passagers bénéficient d’un bon dégagement aux jambes et l’espace cargo est vaste (2 056 L). Un détail, cependant : la troisième banquette, livrable avec les variantes V6, n’est donc pas disponible lors qu’on choisit le «petit» moteur. Même chose pour le toit ouvrant, les sièges chauffants et le démarrage sans clé. Dommage.
Par contre, les rétroviseurs chauffants, le régulateur de vitesse, la climatisation, voire les commandes audio au volant sont de série. Et la sécurité est complète, avec ABS, système de stabilité et six coussins gonflables. Bravo.
Un reproche «intérieur» : les sièges. Peu confortables, ils sont ici recouverts d’un tissu synthétique sec et rêche, qui vous arrache quelques cheveux au passage. C’est déplaisant. Je préfère de beaucoup le doux velours qui tapisse les sièges des modèles V6.
Un peu cher
Côté prix, j’avoue que je m’attendais à quelque chose d’un peu moins dispendieux que 24 998$ (nouveau prix de départ). D’abord, parce qu’un pareil véhicule aux États-Unis se vend à 19 900 $. Aussi, parce que le Suzuki Grand Vitara propose, pour le même prix, sa variante V6.
Surtout, cette version quatre cylindres est à peine 500 $ moins coûteuse que le Outlander V6 deux roues motrices qui, on le comprendra, en profite pour tirer sa révérence et laisser toute la place aux variantes V6 à traction intégrale LS (28 898 $) et XLS (33 698 $). Mitsubishi ne perd donc pas au change, mais le consommateur non plus.
L’Outlander quatre cylindres constitue une très bonne proposition automobile, que je vous invite à considérer, si vous reluquer du côté des utilitaires compacts, avec le Nissan Rogue et le Suzuki Grand Vitara. Les Honda CR-V et Toyota Rav4? C’est qu’ils sont près de 3 000 $ plus chers…