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Chevrolet Traverse: Quand on fait tout de travers…

On dit qu’il vaut mieux se taire lors­qu’on n’a rien de bon à dire. J’ai pensé me taire quant au Chevrolet Traverse et ne jamais rédiger cette chronique. Après tout, on ne gagne pas son paradis en frappant quelqu’un, surtout quelqu’un qui est déjà dans la misère. Mais en même temps, le Traverse réunit si parfaitement tout ce qui fait que GM est aujourd’hui aux portes de la faillite…

Et d’abord, pourquoi un énième camion? GM com­pte déjà un nombre incalculable d’utilitaires et de véhicules multisegments. Avec ses trois rangées totalisant huit places et sa longue, très longue si­lhouet­te (à 5,2 mètres, elle est plus longue que celle du Tahoe), le Traverse fait directement concurrence aux Buick Enclave, Che­vrolet Tahoe/Suburban et TrailBlazer, GMC Acadia, Envoy, Yukon et Saturn Outlook du constructeur.

Trop, c’est comme pas assez…
On ne médirait pas sur le Traverse s’il n’avait pas tout de l’éléphant blanc. Mais dès les premiers instants à son bord, on note des matériaux rêches et bas de gam­me qui sont mal assemblés, une insonorisation très moyenne, un design intérieur qui ne fait décidément pas grand effort pour plaire et une surenchère de commandes détruisant toute volonté d’accueil.

Qui plus est, je n’ai jamais vu un système de navigation aussi complexe à utiliser (soulignons par contre qu’il diffuse la navigation en temps réel de XM). Et je vous mets au défi de trouver rapidement, au volant, la commande du son pour le système audio…

Long et lourd, le Traverse n’a évidemment aucun gène sportif à offrir une fois en route. De garde au sol assez élevée, il commande même d’aborder les cour­bes avec respect. Sa transmission six rapports ne propose aucun mode manuel et se fait confuse en décélération. Cela n’étonnera personne, la consommation de carburant de celui qui pèse presque cinq tonnes métriques est assez élevée…

Quand on prend quel­qu’un ou quelque chose en aversion, mieux vaut parfois demander conseil à d’autres avant d’aller trop loin. À Bob Lanno, par exemple. Ce pompier retraité de Montréal-Ouest a conduit des produits GM toute sa vie et il est en train de se magasiner un nouveau camion. Qui de mieux pour nous dire un peu de bien du Traverse?

Eh bien non : lui qui envisageait d’en faire l’acquisition (c’était ça ou le GMC Acadia) n’a conduit qu’une quinzaine de minutes avant d’affirmer, sans appel : «C’est non.»

Ah bon, et pourquoi? Parce que, dit-il, la direction est sans saveur et le rayon de braquage (12,3 mètres) est trop grand : «On dirait qu’il lui manque quelque chose.»

Non aussi parce que le moteur est peu raffiné (il s’agit pourtant d’un nouveau V6 de 3,6 L à injection directe). S’il ne manque pas de puissance (288 chevaux), reste qu’il ne semble pas tourner rond, dit notre essayeur maison.

Enfin, l’habitacle, de style commun, «ne m’attire absolument pas,» lance encore Bob. «Et les sièges, avec leur soutien lombaire proéminent mal placé, ne sont pas confortables.»

Ah oui, notre ami Bob a aussi trouvé le véhicule d’une longueur à faire peur, dans les stationnements…

Parce que tout n’est pas noir, il faut dire que le Traverse accepte un lot de chargement assez impressionnant : 3 296 litres derrière la première rangée. C’est huit fois plus que ce qu’héberge le coffre d’une Chevrolet Cobalt, ça.

En outre, les places arrière sont spacieuses – surtout dans les versions sept passagers, qui sacrifient la huitième place au profit de deux sièges capitaine au centre.

Mais la liste des points positifs est fort courte, d’autant plus qu’on ne peut y inscrire des équipements de confort et de fonctionnalité qui sont pourtant de plus en plus courants dans cette catégorie de véhicules, le régulateur de vitesse intelligent et le démarrage sans clé, par exemple.

Pour tout dire, il est dommage que GM se soit laissé aller à mettre son Traverse sur le marché. De un, il n’en avait vraiment pas besoin et de deux, il montre ainsi le côté peu reluisant de ses affaires, lui qui en est pourtant arrivé à de très bons produits ces dernières années, comme les Chevrolet Malibu et Saturn Aura.

Ici, le Traverse n’émerge pas comme un bon élément de la gamme, encore moins lorsqu’on le compare aux véhicules concurrents. Per­sonnellement, si j’avais
be­soin de tout cet espace et de cette capacité d’accueil à bord d’un seul véhicule, j’opterais pour le Ford Flex (chronique du 10 novembre dernier), qui allie conception de qualité, bon niveau d’équipements et… silhou­ette d’enfer!

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