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Une décennie de voitures hybrides qui font déjà partie des moeurs

Au tournant du nouveau millénaire,le marché automobile nord-américain ne proposait que deux voitures hybrides : la Toyota Prius et la Honda Insight. Une décennie plus tard, force est de constater que les véhicules hybrides ont non seulement proliféré, mais qu’ils font aujourd’hui partie des mÅ“urs comme n’importe quel autre véhicule!

Petit retour en arrière, si vous le voulez bien. La toute première hybride offerte en Amé­rique du Nord aura été la Honda Insight, en 1999. Sorte de coupé trois portes à deux places aux allures futuristes, l’Insight était toute légère avec sa carrosserie d’aluminium, développait à peine 67 chevaux et consommait moins de 4 L/100 km. Elle était inconfortable et coûtait pres­que 25 000 $ – ça revenait cher du cheval-vapeur!

En l’an 2000, c’était au tour de Toyota de lancer une voiture hybride : la Prius. La première génération n’avait l’air de rien : une petite compacte toute simple. Mais la seconde génération, proposée quatre ans plus tard, allait faire tout un tabac. Littéralement, on s’arrachait la nouvelle Prius. Peut-être parce qu’on voyait à son bord les Leonardo DiCaprio, Harrison Ford, Tom Hanks et Susan Sarandon de ce monde? Une chose est sûre : la demande était si forte (et la production encore très limitée) que la valeur de re­vente d’une Prius qui avait roulé quelques mois… était plus élevée que le prix d’un modèle neuf chez le concessionnaire.

Une décennie,15 modèles
Depuis, les choses ont changé – et elles ont changé rapidement. «Les hybrides ne sont plus le prochain Big Bang, dit Dennis DesRosiers, président de la firme DesRosiers Automo­tive Consultants. Elles sont devenues communes au point où on s’attend des modèles à grand volume qu’ils offrent une variante hybride.»

Certes, on est encore loin de la quarantaine de modèles que la firme J.D. Power prédisait pour 2011. Mais reste que l’automobiliste qui veut rouler en hybride peut aujourd’hui choisir entre une quinzaine de modèles. Ford Escape ou Ford Fusion, Honda Civic ou Honda Insight, Nissan Altima, Chevrolet Silverado et Tahoe…

Deux millions d’hybrides chez Toyota
Le champion de l’hybride demeure sans conteste Toyota/Lexus : le constructeur offre actuellement sept véhicules hybrides, dont une troisième génération (troisième!) de Prius depuis l’été dernier. Mine de rien, la Prius a célébré au printemps 2008 sa millionième vente dans le monde. Quand même!

Et en septembre dernier, Toyota se targuait d’avoir écoulé mondialement deux millions d’hybrides, tous modèles confondus.La vague hybride est contagieuse, et même Mer­cedes s’y est mise cette année, avec sa nouvelle S400 BlueHybrid. Infiniti fera de même en proposant sa berline M d’ici deux ans. Et dire qu’il n’y a pas si longtemps, Carlos Ghosn, le coloré patron de Nissan ­/Infiniti, clamait haut et fort que la technologie hybride constituait «un terrible plan d’affaires»…

Vers l’hybride diesel et le 100 % électrique
Il y a 10 ans, on s’extasiait sur le silence qui régnait dans l’habitacle des hybri­des, on s’enthousiasmait de leur frugalité – et ce, même si les cotes de consommation annoncées étaient pas mal trop optimistes.

Aujourd’hui, une hybride n’a presque plus rien d’exotique. Certes, son acquisition coûte encore plusieurs milliers de dollars de plus que celle d’un véhicule conventionnel, mais on ne s’en étonne plus : on a bien compris que la technologie embarquée a nécessité des années d’investissements et qu’après tout, l’hybride est propulsée non pas par un, mais par deux moteurs.

Non, l’étonnement a fait place à l’attente. Mainte­nant, on attend les hybrides à motorisation diesel, pour encore plus d’économies en carburant. On at­tend aussi, pour 2010 ou 2011, les premières hybrides qui pourront être branchées à la prise résidentielle : Chevrolet Volt, Toyota Prius branchée… Ces plug-in nous permettront de rouler beaucoup plus longuement uniquement en mode électrique.

À plus long terme, on attend les voitures disposant d’une autonomie électrique d’au moins 450 km – et qui verront le jour si et seulement si les percées dans le do­maine des batteries (lithium-ion) sont au rendez-vous.

Enfin, à l’horizon de toutes ces technologies, on prédit que le prochain Big Bang, pour reprendre l’expression de l’expert Des­Rosiers, sera la voiture à l’hydrogène. Certes, il faudra investir des milliards de dollars en infrastructures de distribution, mais, selon des experts comme Oumarou Savado­go, professeur en Génie des matériaux à la Poly­tech­nique de Mont­réal: «C’est la voiture à l’hydrogène qui reste l’idéal pour l’humanité.» N’y pensez guère avant un autre gros 10 ans, cependant…

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