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TikTok: un ministre s’ouvre un compte alors qu’une mise en garde est émise concernant l’application

Photo: iStock

Le ministre de l’Accès à l’information et de la Protection des renseignements personnels Jean-François Roberge s’est lancé sur le réseau social TikTok le jour même où le dirigeant du Centre canadien de cybersécurité, Sami Khoury, prévenait le public du risque que représente l’application, qui enverrait les données de ses utilisateurs en Chine.

Un choix que Laurence Grondin-Robillard, experte en communications et médias numériques à l’UQAM, juge « d’assez douteux ». Bien que ce soit une solution qui «semble efficace» pour rejoindre les jeunes, considérant que TikTok est le seul réseau social qui n’a pas perdu de la vitesse à la suite de la levée des mesures sanitaires, elle juge qu’il aurait été plus efficace d’aller sur les campus pour rejoindre les jeunes.

En plus des problèmes liés à la cybersécurité, qui ont poussé le gouvernement américain à interdire à certains employés fédéraux d’avoir l’application sur leur cellulaire, TikTok n’encourage généralement pas le contenu politique. L’algorithme est avant tout fait pour le divertissement et ne mettra pas de l’avant du contenu politique à moins d’avoir enregistrer que l’utilisateur est grandement intéressé par ces vidéos.

Cette réalité est d’autant plus vraie, explique l’experte, depuis le «shadowban» de vidéos des mouvements de protestation à Hong-Kong. Plusieurs vidéos ont été effacés sans préavis par la plateforme, qui se défend en disant que l’application sert au divertissement et que le contenu trop politique y est inapproprié.

Pour se faire connaître sur la plateforme, les politiciens ont donc besoin de surfer sur les tendances avec du contenu moins sérieux. Quelque chose que tous les chefs de parti ont fait, et que Québec Solidaire avait bien compris lors des dernières élections, explique Mme Grondin-Robillard. Cette idée semble aussi être dans la tête du ministre Roberge, qui a promis de faire beaucoup de contenu peu sérieux sur la plateforme.

«C’est de mettre au même niveau des petits gags et des thèmes qui méritent d’être plus approfondis», commente l’experte. Elle critique notamment la campagne qu’y a fait Élection Québec, dans laquelle on voyait par exemple des gens mettre une poutine ou du maïs dans une boite de scrutin. «Ça enlève vraiment des plumes à l’institution qu’est la politique, ça manque de sérieux.»

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