Des voleurs à l'ère du 2.0
Les temps ont bien changé depuis l’époque où les bandits écoulaient leur marchandise volée chez les prêteurs sur gages. À l’heure des nouvelles technologies, ils sont de plus en plus nombreux à se tourner vers les sites de vente en ligne.
Suzanne Moquin, présidente du portail LesPAC.com, affirme recevoir une à deux plaintes par semaine au sujet d’articles volés qui se retrouvent sur des sites de vente en ligne comme eBay. «Ça demeure très marginal, mais oui, ça peut arriver», reconnaît-elle. Du côté d’eBay, on estime qu’environ 0,01 % des annonces pose problème. Or, avec plus de 30 millions de transactions quotidiennes, cela représente 3 000 annonces frauduleuses chaque jour.
Afin d’éliminer autant que possible les annonces malhonnêtes, les portails de vente en ligne comptent principalement sur la collaboration des internautes. «Dans le cadre du mois de la prévention de la fraude, en mars dernier, nous avons lancé une campagne de sensibilisation. Nous voulions que nos usagers soient conscients de l’importance des mesures de sécurité de base», dit Mme Moquin.
Et quelles sont-elles, ces règles de base? Tout d’abord, il faut faire preuve de jugement, indique Suzanne Moquin. «Une Rolex à 50 $, c’est impossible. C’est soit une contrefaçon, soit un produit volé», illustre-t-elle. De plus, il ne faut pas hésiter à poser des questions au vendeur. «Ça nous permet de voir s’il est vraiment sérieux et s’il nous inspire confiance», souligne Martine Isabelle, sergente aux communications pour la Sûreté du Québec.
Mme Isabelle rappelle d’ailleurs que les acheteurs qui se procurent de la marchandise volée peuvent être accusés de recel. «Dans la plupart des cas, ces personnes ignorent totalement qu’ils ont un objet volé entre les mains», fait-elle valoir. Mais, même si la transaction a été faite de bonne foi, le bien sera confisqué et l’acheteur n’aura aucun recours, poursuit la policière.
Malgré les risques encourus, Michael Albertson, consultant en sécurité de l’information pour SecurIP Services-Conseils, croit que bon nombre d’usagers font preuve de complaisance. «L’homme étant ce qu’il est, c’est utopique de penser que tout le monde suivra les règles de sécurité à la lettre. Face à une offre alléchante, on ne se pose pas de question. Tout ce qu’on veut, c’est payer le moins cher possible», soutient-il.
Comment retrouver ses objets volés sur le web?
Comme l’explique la sergente aux communications de la SQ Martine Isabelle, les policiers ne consultent pas les portails de vente en ligne s’ils n’ont pas la preuve qu’une infraction a été commise. «Nous ouvrons une enquête seulement lorsqu’une victime de vol nous contacte pour nous aviser qu’elle a reconnu ses propres biens sur un site», résume-t-elle.
Retracer soi-même ses objets volés peut sembler mission impossible. Pourtant, cela s’est déjà produit, assure Mme Isabelle. «Je me souviens d’un homme qui s’était fait dérober son équipement de plongée. Il a retrouvé ses bombonnes d’oxygène sur l’internet», raconte la policière.
Il peut donc être payant d’effectuer quelques recherches. Pour vous aider, vous pouvez consulter LeadsOnline.com (en anglais seulement), un portail qui a établi un partenariat avec eBay. Ce site américain fait office de registre informatique et permet entre autres aux enquêteurs de retracer la marchandise volée qui se retrouve sur eBay. Si le registre n’est pas accessible aux simples citoyens, il offre tout de même de judicieux conseils aux victimes.