Soutenez

Les téléphones intelligents à la conquête du marché

Le téléphone intelligent sera le média de l’avenir, surpassant ordinateurs et téléviseurs, croit Jacques-Hervé Roubert, pdg de l’agence de marketing interactif Nurun. Métro a profité de sa présence à la journée de conférences MixxCanada plus tôt cette semaine pour s’entretenir avec lui.

Pourquoi le média de l’avenir est-il, selon vous, le téléphone intelligent?
La première raison, c’est le comportement des individus. Fondamentalement, notre société est devenue de plus en plus égoïste, égocentrique, tournée sur elle-même. Dans les situations de crise, on essaie de s’isoler. Une fois que j’en suis là, ce média est celui qui répond le mieux aux besoins du monde moderne.

Ces téléphones ont-ils déjà toutes les réponses?
Est-ce que le média est aujourd’hui adapté au monde moderne? Pas tout à fait, parce que la vitesse de téléchargement n’est pas très bonne, les contenus ne sont pas aussi bons qu’ils devraient l’être – moins que la télévision – et la technique ne suit pas toujours. Or, la vitesse de téléchargement permettra d’avoir du contenu intéressant. Comme on donnera plus de contenus et qu’il y aura plus d’intérêt, plus de personnes vont s’y intéresser. On pourra alors adapter les prix à la réalité.

Combien de temps encore avant d’atteindre ce stade?
Une fois ces barrières franchies, à mon avis, ça ira très, très vite. Déjà, au Japon, les gens jouent à des jeux en ligne partout dans le métro. Pour entrer dans le métro, on ne présente pas un ticket, mais son cellulaire. C’est une façon de vivre totalement différente. […] Aujourd’hui, l’Amérique du Nord est plutôt en retard par rapport à l’Asie et à l’Europe, mais le jour où ils vont se mettre dans la tête de rattraper le retard, ils vont le rattraper excessivement rapidement.

Est-ce que les gouvernements ont joué un rôle?
Je pense qu’il y a eu des blocages parce que la gestion correspondait à ce que l’on cherchait. Maintenant, est-ce que le déblocage aura lieu en 2009, 2010 ou 2011? Ça dépend d’un tas de facteurs, dont la situation économique actuelle qui est très préoccupante. Est-ce qu’on a envie d’investir alors qu’il y aura une crise forte du crédit? Mais, technologiquement, ce serait facile de rattraper le retard.

Que peuvent offrir les applications mobiles?
On pense à la personne qui se trouve dans un rayon de magasin et qui veut connaître la différence entre deux crèmes solaires par exemple. Avec une application intelligente produite parla marque en question, je pourrais donner mon type de peau, donner les informations pertinentes, et j’obtiendrai ma réponse. Après, il y a la géolocalisation, qui est encore supérieure. En ajoutant que nous nous trouvons dans un magasin La Baie, nous pourrions regarder ce qu’on y trouve comme stock. Mais maintenant, c’est un peu de la science-fiction par rapport à ce qui se passe dans la réalité.

De quelle façon peut se présenter une application commerciale, ou de la publicité, sur des téléphones intelligents comme le iPhone?
Il y a deux choses différentes. La publicité, et l’application intelligente. La publicité peut être placée sur des portails comme sur internet. La nouveauté, c’est les applications et l’intérêt des applications. Maintenant, est-ce que ces applications doivent faire partie de l’offre du fournisseur dès le début, ou est-ce que l’utilisateur pourra aller les chercher, c’est en discussion. Google est en train de donner des applications gratuitement, Apple les fait payer, mais moins cher qu’au début. Si je paie pour des applications et que je n’ai pas de retour, ce n’est pas intéressant. Si les applications me donnent des avantages en termes de contenu, de conseils, en termes financiers, que ce soit des coupons ou autres. Mettre un site web sur un mobile est une erreur. Lorsque je suis devant mon ordinateur, j’ai des besoins. Lorsque je suis devant mon mobile, j’ai d’autres besoins. Si j’ai la même application des deux côtés, ça ne fonctionne pas.

À quoi peut-on rêver?
Ça dépendra de l’évolution des téléphones. Quand on compare le iPhone aux téléphones d’il y a trois ou quatre ans, on n’en revient pas de voir où on en est arrivé. L’Android de Google va arriver et mettre la barre encore plus haut. Apple va vouloir se développer davantage. On arrivera à avoir des écrans plus grands, des écrans semblables au papier qu’on pourra mettre dans nos poches. Est-ce qu’on parle encore de téléphone ou pas… Je pense que notre imagination doit être sans limites.

Tout ça devient plus complexe…
Il faudra arriver à avoir des standards, comme sur l’internet. Sur le mobile, on revient à la bataille VHS et Beta, Blu-ray et HD-DVD. On a besoin d’avoir des plateformes stables avec lesquelles on peut développer et faire en sorte que nos programmeurs y travaillent. Développer pour 25 plateformes différentes, ça multiplie les coûts. Peut-être pas par 25, mais au moins par 2, et ce n’est plus rentable.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.