L'arnaque des jeux téléchargeables
Achetez-vous numérique? Les fabricants de consoles de jeu font des pieds et des mains pour vous vendre directement leurs jeux, sans passer par les détaillants. Des classiques et des titres mineurs sont disponibles en téléchargement depuis un moment. Mais l’objectif demeure de lancer tous les jeux de cette façon, y compris les productions majeures.
Sony vient de franchir un pas important avec la PSP go, qui abandonne les jeux en format physique, mais Microsoft a lui aussi sauté dans le train de la distribution numérique avec ses «jeux sur demande» pour la Xbox 360.
L’argument? Ça représente l’avenir. Le consommateur n’a plus besoin de sortir de chez lui et économise de l’espace de rangement (sauf sur le disque dur). Par contre, un jeu numérique n’a aucune valeur de revente. On s’attendrait donc à ce qu’il soit moins coûteux, surtout que l’éditeur économise sur la fabrication, la distribution, le transport, l’emballage, etc.
Tout pour moi
La logique ne semble pas avoir fait son chemin chez Sony. La centaine de titres UMD convertis au catalogue numérique se vendent à un prix comparable ou à peine inférieur à la version physique. On peut économiser 4 $ ou 5 $ sur God of War, Madden NFL 10, le dernier Tiger Woods ou Need for Speed Shift. L’économie est mince et correspond à peine à la marge de profit du détaillant. D’autres titres comme Gran Turismo ou Resistance : Retribution se vendent 40 $, que vous vous les procuriez sur la boutique PlayStation ou chez votre marchand préféré. Ça semble un peu gourmand.
Et c’est encore pire chez Microsoft. Sur la trentaine de jeux sur demande présentement disponibles, aucun n’est vendu moins cher que la version «physique». Au mieux, c’est le même prix, mais c’est souvent plus cher.
Pourquoi payer 40 $ pour télécharger Grand Theft Auto IV ou Lego Star Wars alors qu’on peut se procurer le jeu neuf dans un boîtier, avec livret, pour respectivement 30 $ et 20 $? Et pourquoi débourser deux fois 40 $ pour acheter séparément BioShock et Elder Scrolls IV alors qu’ils sont maintenant vendus ensemble pour… 45 $?
C’est sans compter l’usagé. Plusieurs de ces jeux sont faciles à trouver dans le marché de seconde main. L’économie n’en sera que plus importante.
Si l’objectif est de rendre la distribution numérique attrayante, c’est loupé. À moins de viser une clientèle qui n’a pas accès à un centre d’achats(!). Mais pour les autres, ce n’est rien de moins qu’une arnaque.