Des fonctionnaires du fédéral et du municipal congédiés pour «cyberflânage»
Les 160 rapports mensuels
d’enquête obtenus par le Journal de Montréal indiquent que des
fonctionnaires travaillant au ministère de la Santé et à l’Agence de la
santé publique du Canada ont tellement passé d’heures sur Internet à
des fins personnelles, pendant leurs heures de bureau, que certains se
sont même fait congédier.
En effet, le quotidien montréalais indique
que certains fonctionnaires ont passé l’équivalent de trois semaines
par mois à consulter des vidéos, effectuer des recherches personnelles,
jouer à des jeux vidéos ou s’adonner à d’autres activités inappropriées
en «travaillant». L’un d’eux aurait même passé une soixantaine d’heures
à regarder des vidéos en novembre 2008 (pour un total de 30 715 clics),
ce qui représente une semaine et demie de travail perdu.
Les 160 rapports mensuels sont le résultat d’enquêtes menées par le
service de la sécurité des technologies de l’information du fédéral.
Ils permettent de repérer des cas «extrêmes» de fonctionnaires qui
préfèrent se divertir au lieu de travailler. Un autre employé, par
exemple, a passé plus de 200 heures en août 2008 et 188 heures le mois
suivant sur des sites d’information, pour une moyenne de 27 clics à
l’heure.
Entre 2006 et 2009, la division du service de sécurité du ministère
fédéral a mené plus de 46 enquêtes portant sur 44 employés. Le JdM
indique qu’à chaque fois, une dénonciation à l’interne a fait débuter
une enquête. Tous les «cyberflâneurs» ne se sont pas fait remercier,
mais les sanctions des autres n’ont pas été dévoilées.
La Ville de Québec embarrassée
Il y a quelques semaines, Québec avait demandé à la firme de
sécurité Sirco d’enquêter sur l’utilisation d’Internet de certains
employés travaillant dans l’un de ses services municipaux. Entre 20 et
30 ordinateurs d’employés ont été saisis pour être minutieusement
examinés.
Encore une fois, cette enquête a été amorcée à la suite de la
dénonciation d’un employé et a révélé que certains ont développé des
habitudes de navigation inappropriées lors de leurs heures de travail.
Cette situation fait écho à celle qu’a vécue la Ville de Québec en
2007, lorsque 29 employés de plusieurs services municipaux avaient été
accusés d’abuser d’Internet. Pour cette raison, l’enquête se déroulant
actuellement à Québec s’étendra à plusieurs autres services municipaux.