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L'internet, un outil électoral parmi d'autres

Raphaël Bouvier-Auclair - Métro

Notre collaborateur est présentement au Vermont.

En 2008, les mots Yes We Can envahissaient les boîtes de messagerie d’internautes aux quatre coins des États-Unis. David Plouffe, le directeur de campagne de Barack Obama, avait misé sur l’internet comme outil central de séduction de l’électorat. Deux ans plus tard, les élections de mi-mandat font rage un peu partout au pays, et la vague virtuelle sur laquelle l’équipe de Barack Obama flottait semble s’être atténuée.

Devant le centre de congrès de l’hôtel Sheraton à Burlington, des partisans de Peter Shumlin et de Brian Dubie, les candidats démocrate et républicain qui briguent le poste de gouverneur de l’État, manifestent, pancartes à la main. Des écriteaux sont plantés un peu partout sur les bordures des grands axes de la ville vermontoise. À quelques kilomètres, Elaine Young est concentrée sur les deux écrans qui trônent son bureau du Champlain College de Burlington.

La professeure de stratégie de communication analyse le développement de la campagne électorale sur Facebook. «On a l’impression que l’internet n’est pas utilisé à son plein potentiel», explique-t-elle. Si le carton demeure l’outil par excellence dans la promotion de divers politiciens, c’est grâce à la visibilité qu’il procure. «Plusieurs personnes ne touchent plus à leur ordinateur une fois leur journée de travail terminée, mais lorsqu’ils prennent leur voiture, ils voient nécessairement l’une de ces affiches», explique Mme Young.

Dans le camp républicain, on affirme maintenant bien maîtriser les médias sociaux. Kate Duffy, la directrice de campagne du candidat républicain au poste de gouverneur du Vermont, Brian Dubie, affirme que Facebook et Twitter sont maintenant des outils essentiels pour les activités politiques. «Grâce à l’internet, nous sommes suivis par près de 10 000 personnes», explique l’organisatrice. Mais elle le concède, le carton demeure central dans la campagne. «Nous avons distribué près de 10 000 affiches publicitaires, en plus d’avoir cogné à près de 65 000 portes partout à travers le Vermont», affirme-t-elle.

Les technologies évoluent rapidement. Elaine Young estime que les politiciens n’ont pas su s’adapter aux changements survenus dans le monde virtuel. «Les groupes politiques pourraient faie tellement plus», affirme-t-elle. «Des tonnes de nouveaux médias sociaux pourraient servir à rallier des militants derrière un candidat», affirme l’analyste. C’est le cas de Foursquare, un site web qui permet aux usagers d’indiquer leur location géographique. L’autre grand incompris des politiciens, selon Elaine Young, est YouTube. Lorsqu’on navigue sur le site, il est possible de visionner les publicités que les différents candidats diffusent sur les ondes télévisuelles. «Ils pourraient tellement faire plus! Ils n’ont pas compris qu’avec YouTube ils peuvent publier des vidéos plus courtes et plus dynamiques», dénonce Mme Young.

Même s’il n’est pas utilisé à son plein rendement pour faire de la promotion, le cyberespace facilite grandement le financement des campagnes. «Avant, il fallait utiliser le courrier, maintenant, je peux donner 10 $ à un politicien en appuyant sur une touche de mon téléphone portable», explique Elaine Young. Deux ans après l’élection de Barack Obama, l’internet est sans contredit devenu un outil essentiel dans la manière de construire la politique. Mais au Vermont, pour cette élection serrée, les candidats misent davantage sur le terrain que sur leurs claviers pour que leur visage puisse apparaître sur le compte Facebook du gouverneur de l’État.

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