L'Iran veut son Internet national
Le ministre des
Communications et des Technologies de l’information iranien, Reza
Taqipour Anvari, avait annoncé au début du mois de juillet, le
lancement, fin août, de la première étape de «l’Internet national»,
également appelé «Web propre».
En Iran, Internet et les réseaux
sociaux sont utilisés par les dissidents pour résister à l’oppression du
régime et pour diffuser des informations indépendantes. Rappelez-vous
des protestations sans précédent qui ont eu lieu en 2009 et relayées
grâce à Twitter.
Avec cet Web propre, les consommateurs iraniens auront accès à un
haut débit de 8 Mo, puis un peu plus tard de 20 Mo. Au début de l’année
2012, le pays devrait également lancer son propre moteur de recherche:
«Ya Haq» (Ô Juste). Le projet a pour but de «mieux gérer les courriels
nationaux, la collecte des informations à l’intérieur du pays, et
d’améliorer la sécurité». La surveillance des boîtes courriels des
dissidents au régime ne devrait pas faiblir, bien au contraire.
L’arrivée de «l’Internet national» et de Ya Haq renforcera clairement
la surveillance et le contrôle des net-citoyens. On peut considérer
l’Internet national comme un intranet à l’échelle d’un pays, qui, à
terme, remplacera l’Internet mondial. Les banques, les ministères et les
grandes entreprises auront cependant toujours accès au réseau
planétaire, ce qui créera forcément un Internet à deux vitesses et
pénalisera les blogueurs et les journalistes.
Paradoxalement, c’est l’annonce par les États-Unis, en juin dernier,
du développement d’un «Internet fantôme», pour permettre aux citoyens de
la planète d’avoir accès au Web, même en cas de coupure du réseau par
les gouvernements, qui a provoqué le durcissement de la position de
l’Iran.
De plus, depuis quelques jours plusieurs membres du gouvernement ont
qualifié les réseaux sociaux et Internet de «moyens de subversion».
Ainsi, le 29 juillet, le ministre des Renseignements, Heydar Moslehi, a
souligné la «vulnérabilité de la société face aux réseaux sociaux,
introduits dans le pays par l’ennemi». Le 27, c’était le ministre de
l’Intérieur, Mostafa Najar, qui avait déclaré que «les satellites et
Facebook sont les moyens électroniques d’une « guerre douce » des
Occidentaux pour provoquer l’effondrement de la famille iranienne».