Comment Occupons Montréal va-t-il se connecter
Situé en plein cœur de
Montréal, en plein milieu du quartier d’affaires au Square Victoria, en
face de la tour de la Bourse et du Centre de commerce mondial, Occupons Montréal est entouré de réseaux Wi-Fi, mais est coupé techniquement du reste du mouvement planétaire.
Le mouvement Occupy Wall Street a fait tache d’huile un peu partout à travers le monde. Depuis la semaine dernière, Montréal a aussi droit à son mouvement: Occupons Montréal.
Les «indignés» de Montréal ont rapidement mis en place une structure
fonctionnant avec des comités. Le campement comptait exactement 191
tentes mercredi 19 en soirée au moment de la visite de BRANCHEZ-VOUS!.
L’organisation s’attend d’ailleurs à ce que le Square Victoria affiche
complet dès ce jeudi. Frédéric fait partie du comité
Média-Communications «On a d’excellentes relations avec la police, ils
ont été pas mal impressionnés de notre gestion et ils font de temps en
temps des patrouilles voir si tout se passe bien.»
Après avoir fait rapidement le tour du campement, nous sommes arrivés
à la tente Communications. «On a une génératrice à essence de 3000
watts qui nous permet d’alimenter nos ordinateurs, téléphones et autres
appareils. C’est très important au niveau comm».
Cependant, le mouvement n’a pas encore d’Internet sur place.
L’organisation et la gestion s’en trouvent donc quelque peu compliquée. Occupons Montréal
possède son propre site Internet, plusieurs pages Facebook, un compte
Twitter, un forum et sans doute prochainement des blogues. La page
Facebook principale compte près de 8000 membres, le compte Twitter
nouvellement créé environ 200, tandis que le forum en compte 325. «On
vient tout juste d’installer une deuxième génératrice pour la cuisine,
mais on espère vraiment trouver une autre solution». Le salut viendra
peut-être de l’installation de panneaux solaires…
Le mouvement en est encore dans sa phase de développement et le
comité Média-Communication est en train d’établir sa stratégie pour
centraliser les informations, lier les différents comptes, etc. «On
s’attend à avoir pas mal de dons d’ordinateurs, de caméras et sans doute
même serons-nous capable prochainement de diffuser sur Live Stream
grâce à nos confrères d’Occupy Wall Street qui sont prêts à nous fournir un compte premium», nous a pour sa part indiqué Luc du même comité.
Le plus gros problème actuel est d’avoir accès à Internet. Pourtant
situé en plein cœur de ville, il n’y a aucun réseau de disponible. Nous
avons nous même constaté que tous les réseaux Wi-Fi que l’on capte
depuis la «place du peuple» sont sécurisés et très faibles. Un don d’un
modem sans fil fera sans doute la différence. «Dès qu’on aura Internet,
il va y avoir du monde qui voudra publier photos et vidéos, c’est
certain», nous a dit Frédéric. Le seul moyen pour pouvoir publier
actuellement est le téléphone ou bien de retourner chez soi… pas très
pratique!
Mais au final, les quelques 500 personnes qui campent au milieu du
brouhaha quotidien sont heureuses d’être là. «C’est comme une utopie que
l’on réalise. Le soir, une fois que les curieux, les journalistes et
les badauds sont partis, on s’assoit, on fume une cigarette et on a nos
plus belles discussions et de très bons débats. Comment retourner
travailler dans nos bureaux après ça?», conclut Frédéric.
L’hiver refroidira-t-il les ardeurs? Pas sûr! Occupons Montréal est là pour rester et compte bien le faire savoir. Après le printemps arabe, voici l’automne québécois.