J’aime et je déteste Uber
Pourquoi j’entretiens une relation amour-haine avec Uber.
Uber offre un service plus abordable, plus convivial et plus pratique que le taxi traditionnel. Malheureusement, l’entreprise accumule les mauvais coups dans le monde depuis plusieurs années, au point d’être maintenant un des pires citoyens corporatifs issus de la Sillicon Valley.
L’application Uber permet de commander un taxi avec un téléphone intelligent, de suivre son déplacement sur son appareil et de payer automatiquement sa course avec sa carte de crédit. Depuis peu à Montréal, l’entreprise offre aussi UberX, un service de 20 à 30% plus abordable que le taxi, où les chauffeurs sont des gens normaux qui nous invitent à monter dans leur propre voiture.
Uber, surtout son volet UberX, fonctionne à merveille. Je l’ai essayé des dizaines de fois, un peu partout dans le monde, et bien honnêtement, j’ai toujours aimé mon expérience. Je ne peux certainement pas en dire autant des compagnies de taxi traditionnelles.
Malheureusement, l’entreprise, elle, se comporte parfois d’une façon complètement révoltante.
UberX, par exemple, s’implante dans les villes sans obtenir l’autorisation des autorités locales (le maire Denis Coderre l’a d’ailleurs qualifié d’illégal le mois dernier), et sans respecter les règles de l’industrie du taxi, qui sont pourtant là en grande partie pour protéger les chauffeurs et les utilisateurs. La stratégie d’Uber est de lancer son service et d’aller se défendre en cour au besoin par la suite. Imaginez le bordel si toutes les entreprises agissaient de la sorte!
L’entreprise est aussi habituée aux lettres d’excuses publiques. La semaine dernière, un dirigeant a menacé lors d’une soirée privée d’investir un million de dollars pour enquêter sur une journaliste réfractaire à Uber. Lorsqu’il s’est fait demander si la tactique ne serait pas mauvaise pour l’image d’Uber, le vice-président en question aurait répondu que personne ne saurait que ça venait d’Uber. La compagnie s’est depuis excusée pour ces propos, mais le vice-président en question, lui, est toujours à l’emploi d’Uber.
Toujours la semaine dernière, l’entreprise aurait aussi suivi les déplacements d’une journaliste à l’aide d’un outil interne, «God View» (vue de Dieu), qui permet de suivre à la trace n’importe quel utilisateur, sans son consentement.
La liste continue
Le mois dernier, Uber a dû revenir en arrière après une promotion douteuse en France, où des mannequins avaient été embauchées pour conduire des voitures le temps d’un week-end. Plus tôt cette année, l’entreprise a aussi reconnu avoir inondé de centaines de fausses commandes son compétiteur Gett à New York.
Le fait qu’Uber jouit encore d’une publicité enviable malgré ces scandales à répétition prouve à quel point son application est utile et bien montée. L’entreprise devra toutefois se ressaisir rapidement, car la clémence des utilisateurs – moi le premier – a ses limites. D’autant plus que l’application se désinstalle en un clic seulement.