La maison connectée ne m’a pas (encore) séduit
Éclairage qui s’ajuste en fonction du soleil, verrous Bluetooth, caméras de surveillance reliées à l’internet, rideaux contrôlés avec un téléphone intelligent : les compagnies technos sont prêtes à moderniser nos demeures. L’industrie dans son ensemble a toutefois encore beaucoup de chemin à faire pour réaliser le rêve de la maison connectée.
La révolution paresseuse
À en croire les sourires dans les publicités consacrés aux maisons connectées, le bonheur passe en 2016 par une série de gadgets ingénieux, conçus pour nous simplifier la vie ou pour nous assurer la tranquillité d’esprit.
Toutefois, dans la réalité, les objets connectés vendus aujourd’hui sont d’un intérêt souvent limité, malgré leur prix élevé.
Non seulement allumer ses lumières avec un téléphone n’est au mieux qu’une amélioration marginale par rapport à la méthode traditionnelle, mais ces appareils sont souvent lents et pénibles, lorsqu’il faut mettre leur micrologiciel à jour, par exemple. Un fourneau qui peut être ajusté depuis le salon nous fait sauver quelques pas, mais risque aussi de briser plus souvent.
Il y a des exceptions, mais trop souvent, les objets connectés sont des appareils dispendieux et plus ou moins efficaces, qui ne font qu’entretenir notre oisiveté. Je m’attends à plus d’une maison connectée. Je veux des matériaux qui m’avertissent d’une infiltration d’eau potentielle, des fenêtres intelligentes qui s’adaptent pour faire entrer ou sortir la chaleur et des appareils novateurs, qui améliorent ma vie plutôt que de répondre à un besoin inexistant.
Un écosystème fragmenté
D’ici là, certains peuvent quand même se laisser séduire par des objets connectés, que ce soit pour répondre à un besoin précis ou par amour pour les nouveaux gadgets.
Le problème est alors l’écosystème fragmenté des maisons connectées. Les appareils sur le marché utilisent actuellement plusieurs technologies sans fil différentes, comme Zigbee, Z-Wave, WeMo et Thread. Et chaque famille d’appareils nécessite sa propre application et sa propre station d’accueil, une sorte de mini-routeur, pour la relier à un réseau Wi-Fi.
Heureusement, des solutions commencent à être proposées pour permettre de contrôler ses appareils à partir d’un seul endroit, comme la plateforme SmartThings de Samsung. Celle-ci n’est toutefois pas compatible avec toutes les technologies, et il faut encore à l’occasion passer par les applications mobiles habituelles des gadgets afin de les mettre à jour ou d’accéder à leurs fonctionnalités plus avancées.
Bref, la situation n’est guère meilleure que dans le temps de la guerre entre les formats Betamax et VHS. D’ici à ce que la situation s’améliore, les acheteurs précoces devront accepter le risque d’un marché qui pourrait évoluer de différentes façons au cours des prochaines années, notamment avec la montée d’Amazon, d’Apple et de Google dans le domaine.
Quelques bons coups
Tout n’est pas mauvais dans les maisons connectées proposées actuellement. Certains appareils sont déjà pratiques, du moins suffisamment pour qu’on endure l’incertitude entourant le marché.
C’est notamment le cas des caméras de surveillance, du moins pour surveiller le chalet ou sa demeure lorsqu’on n’y est pas. Un système d’éclairage à DEL peut aussi être amusant pour instaurer une certaine ambiance dans une pièce, et un thermostat intelligent qui baisse la température uniquement lorsqu’on n’est pas à la maison a un effet positif sur la consommation énergétique.
Une serrure Bluetooth pour déverrouiller sa porte avec un téléphone a aussi ses avantages, notamment lorsqu’on accorde un accès temporaire à un ami, à un sous-locataire ou à son plombier. L’investissement de 250 $ pour un produit qui ne coûte normalement que 20 $ sera toutefois difficile à justifier pour la plupart des gens.
Une chose est certaine, que ce soit à cause du prix, de l’intérêt limité, de l’exécution encore malhabile ou de l’écosystème fragmenté, il y a encore beaucoup de progrès à faire. La maison connectée est déjà là. Mais j’attends encore la maison intelligente.