Émilie Fournel: «ce sera plus facile d’apprécier le moment»
Émilie Fournel est prête à attaquer ses troisièmes Jeux olympiques en carrière. La kayakiste montréalaise s’est entretenue avec Métro à propos de sa famille d’athlètes, de ses inquiétudes quant à la qualité de l’eau à Rio et de sa qualification olympique particulière.
Votre qualification pour les Jeux de Rio n’a pas été de tout repos. Quel a été votre parcours?
La première sélection olympique a eu lieu l’an dernier, au championnat du monde. Nous avions comme objectif de qualifier une équipe féminine complète (K-4). Nous avions gagné les Jeux panaméricains à Toronto un mois auparavant. Tout augurait bien, mais ça n’a pas fonctionné. Nous avons frappé un mur et l’Argentine a pris la dernière place disponible.
Ç’a été un peu une surprise. Ensuite, ç’a été difficile, car j’avais mis tous mes œufs dans ce panier et délaissé mon kayak individuel. Après le championnat du monde, j’ai dû me concentrer sur mes performances individuelles et essayer de me qualifier toute seule.
J’ai confirmé ma qualification aux sélections olympiques canadiennes au mois de mai. Ça s’est joué dans un deux de trois. Je devais gagner deux courses. J’ai perdu la première, car je n’avais pas un plan de match approprié aux conditions météo difficiles.
Le lendemain, j’avais le dos au mur, mais je ne me sentais pas abattue. J’ai gagné les deux courses suivantes avec de bonnes avances.
Votre père [Jean] a pris part aux Jeux de Montréal en canoë-kayak, votre mère [Guylaine St-Georges] a déjà participé aux Jeux panaméricains en kayak et votre frère [Hugues] sera à Rio avec vous. Quelle influence votre famille a-t-elle eue sur votre carrière sportive?
Nous avons toujours été dans le monde du kayak. Dans mon garage, il y avait des pagaies et des kayaks plutôt que des bâtons de hockey. Mon frère Hughes et moi avons pratiqué d’autres sports, mais nous sommes toujours revenus au kayak. Nous passions l’été dehors avec nos amis au club de canot. C’était un peu comme un camp de vacances pour nous.
En 2001, je voulais participer aux Jeux du Canada. C’est là que j’ai décidé de faire du kayak plus sérieusement. Je n’ai jamais eu de pression familiale. Je fais simplement partie d’une famille de sportifs. Pour nous, des vacances, c’était aller en camping, grimper une montagne. Le kayak, c’était assez naturel.
Tous les Jeux olympiques arrivent avec leur lot de controverses. Rio 2016 ne fait pas exception. Les problèmes vécus dans les villes et les pays hôtes vous affectent-ils? La qualité de l’eau peut notamment avoir un effet direct sur vous.
Il est impossible de ne pas y penser. Cependant, nous sommes bien entourés par le Comité olympique canadien. Ils sont prêts à toute éventualité. Nous sommes allés faire une épreuve-test à Rio en septembre pour ramer dans le bassin sur lequel nous allons nous entraîner. Pour nous, il y a beaucoup de choses sérieuses. La qualité de l’eau est importante puisque nous sommes en contact direct avec l’eau.
Nous avons de petits trucs, notamment ramer coiffé d’un chapeau pour que l’eau ne touche pas notre visage. Nous avons aussi des médecins qui vont voyager avec nous pour s’assurer que tout se passe bien.
Vous en serez à vos troisièmes olympiades. Qu’avez-vous le plus hâte d’expérimenter à ces Jeux?
Tous les quatre ans, c’est grandiose. Tout d’un coup, les gens aiment ça, regarder des courses de kayak. Ça ne m’arrive pas souvent! [Rire.] Comme ce sont mes troisièmes Jeux, j’ai hâte de sentir la pression monter. J’ai hâte d’aller sur le bassin, sentir la frénésie monter et espérer donner la performance de ma vie. Avec mon expérience accumulée, ce sera plus facile d’apprécier le moment.
Quels objectifs vous êtes-vous fixés en vue de Rio?
Cette année, j’ai pris une approche un peu moins centrée sur la performance. Ç’a été un long chemin pour me rendre aux Jeux. Ce sont mes coups de pagaie qui définissent ma vitesse et mes résultats. Je me suis simplement donné comme objectif de trouver la meilleure façon de pagayer. Je viens de connaître les meilleurs résultats en Coupe du monde de ma vie, donc c’est une bonne stratégie pour moi. Si je me propulse trop vers les résultats, ça ne va pas fonctionner.
Avec frérot
Contre tout attente, Émilie Fournel sera accompagnée par son frère aux Jeux de Rio.
Hugues Fournel a appris cette semaine qu’il allait faire partie de l’équipe de kayak canadienne en raison de la suspension d’un athlète russe. Il participera au K-2 200 m avec son coéquipier, Ryan Cochrane.
À surveiller
Les épreuves de sprint en kayak, auxquelles Émilie Fournel prendra part, commenceront le 15 août.