Tim Raines obtient un honneur mérité
MONTRÉAL — Contrairement à ce qu’il aura fait tout au long de sa carrière, Tim Raines n’aura pas pu accélérer sa progression vers le but suivant grâce à sa vitesse pure. Ce n’est qu’après un stressant processus de 10 longues années qu’il a été admis au Temple de la renommée du baseball, mercredi.
Raines a été admis mercredi avec 86 pour cent des voix à sa 10e et dernière année d’éligibilité au scrutin mené auprès de 442 membres de l’Association des chroniqueurs de baseball d’Amérique. Raines a reçu 380 votes sur 442 bulletins compilés. Il devait obtenir un minimum de 332 voix, soit 75 pour cent pour être admis.
L’an dernier, Raines avait été épinglé à court de 23 voix, à 69,8 pour cent.
La cohorte 2017 honorera également l’ex-premier-but des Astros de Houston Jeff Bagwell (86,2 pour cent), élu à sa septième année d’éligibilité, ainsi qu’Ivan Rodriguez (76 pour cent). Celui qui devrait faire son entrée à Cooperstown orné d’une casquette des Rangers du Texas est devenu seulement le deuxième receveur élu à sa première année d’admissibilité, après Johnny Bench, en 1989.
«J’étais réuni avec ma famille et mon agent à mon domicile et nous espérions que le téléphone sonnerait, a dit Raines sur les ondes du MLB Network. Quand il a sonné… Wow! Ça a été une effusion de joie. (…) Je sais qu’il y aura beaucoup de personnes très fières de cette élection au Canada.
«Je sentais que j’étais en position d’être admis, surtout après être passé de 55 à près de 70 pour cent l’an dernier, et je croyais que le ‘momentum’ acquis l’an dernier allait me permettre d’être élu cette année, a-t-il plus tard expliqué lors d’une téléconférence. Je n’étais pas certain, c’est pourquoi la nuit dernière a probablement été ma pire des 10 dernières années. C’est une situation qui est hors de votre contrôle. Vous devez attendre jusqu’à cet instant où vous recevez cet appel.
«J’étais encouragé par ce qui s’était passé l’an dernier, mais tant que ce téléphone n’a pas sonné, j’étais probablement le gars le plus nerveux sur la planète. Mais quand il a finalement sonné, je pense que c’est le moment où j’ai été le plus excité de toute ma carrière. J’ai vraiment apprécié ce moment.»
Raines n’a pas volé cette intronisation. Il a complété sa carrière avec une moyenne de ,294/,385/,425 grâce à 2605 coups sûrs — dont 430 doubles, 113 triples et 170 circuits —, 1330 buts sur balles, 1571 points marqués et 808 buts volés, le cinquième plus haut toal de l’histoire.
S’il a dû patienter 10 ans, Raines croit que c’est un peu en raison de ses 13 saisons passés à Montréal, loin des feux de la rampe.
«Ça a été à la fois une bénédiction et une malédiction que de jouer à Montréal, a-t-il expliqué. Une bénédiction dans le sens où j’ai eu la chance de jouer devant des partisans complètement différents que ceux aux États-Unis. Ils m’ont appuyé dès le premier jour, avant même qu’ils ne me connaissent et qu’ils réalisent de quelle façon et avec quelle passion je jouais. Ils m’ont aidé à offrir ce genre de performances jour après jour. Je voulais jouer pour ces partisans. Je dois beaucoup aux partisans de Montréal. J’ai adoré jouer à Montréal.
«Mais c’était aussi une malédiction, car nous ne bénéficiions pas de la même visibilité que les autres clubs des Majeures, surtout celle des gros marchés, ce que nous n’étions pas. Nous n’avions pas autant de matchs sur les chaînes nationales. Ça arrivait seulement quand nous jouions dans de gros marchés. Les gens n’ont alors pas pu apprécier à leur juste valeur les choses que je pouvais faire sur le terrain.»
Il croit que les médias sociaux et la façon dont sont perçues les statistiques avancées de nos jours sont responsables de son élection.
«Ça a joué un très grand rôle. Jonah Keri (NDLR: journaliste montréalais maintenant basé à Denver qui a grandement moussé la candidature de Raines) a été un grand défenseur de mes accomplissements et il a pris la responsabilité de faire connaître aux électeurs le genre de joueur que j’étais.»
Il s’agit d’un honneur également bien mérité pour Bagwell et Rodriguez.
Bagwell a maintenu une moyenne de ,297/,408/,540 en 15 saisons à Houston, frappant 2314 coups sûrs, dont 449 circuits, en plus de produire 1529 points. Recrue de l’année en 1991, il a été nommé joueur par excellence de la Nationale en 1994. Il a participé à quatre matchs des étoiles et gagné un Gant d’Or et trois Bâtons d’Argent au premier coussin.
Rodriguez a quant à lui disputé 21 saisons dans les Majeures, dont 13 avec les Rangers. Ses 2346 matchs et 20 348 manches derrière le marbre constituent deux marques des Majeures. Celui qui a conclu sa carrière avec 2844 coups sûrs — dont 572 doubles et 311 circuits — pour une moyenne de ,296/,334/,464. Joueur par excellence de l’Américaine en 1999, il a pris part à 14 matchs des étoiles, en plus de remporter 13 Gants d’Or et sept Bâtons d’Argent.
Vlad tout juste à court
À sa première année d’éligibilité, l’ex-voltigeur des Expos Vladimir Guerrero est déjà aux portes de Cooperstown avec un scrutin de 71,7 pour cent, à 15 votes seulement. Idem pour le releveur no 1 Trevor Hoffman, qui devrait faire son entrée l’an prochain, lui qui a recueilli 74 pour cent des voix cette année, à seulement cinq votes de la consécration.
Edgar Martinez a reçu 58,6 pour cent des voix, suivi de Roger Clemens (54,1), Barry Bonds (53,8), Mike Mussina (51,8) et Curt Schilling (45). À sa 15e et dernière année d’éligibilité, Lee Smith est resté bien à court avec 34,2 pour cent des voix. Manny Ramirez, suspendu deux fois pour dopage, à quant à lui vu son nom sur 23,8 pour cent des bulletins.
C’est la deuxième fois seulement depuis 1969 que le Temple accueillera plus d’un nouveau membre pour une quatrième année d’affilée. Le record est de cinq, lors de la toute première année d’intronisation, en 1936.
Jorge Posada, Tim Wakefield et Magglio Ordonez ont fait partie des joueurs n’ayant pas reçu 5 pour cent des voix et dont le nom sera retiré du bulletin de vote.
La cérémonie d’intronisation aura lieu le 30 juillet, à Cooperstown.