Raines: un atout également dans le vestiaire
MONTRÉAL — Ce n’est pas que sur le terrain que Tim Raines était apprécié de ses coéquipiers. Le nouveau membre du Temple de la renommée savait également détendre l’atmosphère dans le vestiaire.
«C’est un gars très drôle, raconte Warren Cromartie, coéquipier de Raines de 1979 à 1983. Lui et moi, nous nous assurions que le vestiaire reste détendu.
«Nous avions un groupe très coloré: Bill ‘Spaceman’ Lee, Rodney Scott, Gary Carter, Woodie Fryman, Ray Burris, Elias Sosa, Raines et moi. Nous étions tous très différents à notre façon, mais quand venait le temps de jouer au baseball, nous jouions en équipe. ‘Rock’ s’est avéré toute une addition à notre groupe.»
«Raines aimait ça jouer. Il jouait au baseball, comme il aurait joué à autre chose, se rappelle quant à lui Michel Lajeunesse, qui a couvert les activités des Expos pour La Presse canadienne de 1976 à 2004. Les journalistes arrivaient très tôt, vers 15h, à tous les jours et souvent, nous cherchions Raines. Mais nous savions où il était: il était sur le terrain, en train de jouer avec une auto téléguidée. Même si l’équipe avait perdu 8-1 la veille, ce n’était pas grave: il allait jouer plus tard, et là il jouait avec sa voiture.
«Dans le vestiaire, c’était pareil. Ce n’était pas un gars qui montait sur les tables pour faire de grands discours, mais il détendait les gars en faisant quelque chose de comique. Il faisait comprendre aux gars à sa manière que ce n’était pas si grave: c’est un jeu. Nous avons perdu hier, mais nous jouons encore aujourd’hui.»
C’est d’ailleurs dans ce vestiaire qu’il s’est lié d’amitié avec Andre Dawson, qui ne pouvait être plus aux antipodes de Raines dans sa personnalité.
«Raines était beau à voir jouer et l’amitié qu’il a forgée avec Andre était également belle à voir, note Steve Rogers, qui a côtoyé les deux hommes lors des belles années du club, à la fin des années 1970 et au début des années 1980. Mais ils étaient tout le contraire l’un de l’autre: ‘Hawk’ ne disait pas grand-chose, tandis qu’on ne pouvait pas fermer le clapet de Raines une fois qu’il était lancé!
«Parfois, les deux se chamaillaient. Invariablement, ça se terminait avec Raines cloué au sol sous le poids de Dawson. Mais Raines pleurait toujours tellement il riait d’avoir exaspéré l’autre à ce point. C’était ça, Tim Raines: il s’amusait purement et simplement dans tout ce qu’il faisait et avec les gens qui l’entouraient. C’est ce que nous retiendrons tous de ‘Rock’: son amour du baseball et de ses coéquipiers.»
«Je ne connais personne qui n’aimait pas Tim Raines, ajoute Lajeunesse. C’était un jeune homme gentil. Il aimait être sur cette planète-là et ça paraissait. Je ne l’ai jamais entendu dire rien contre personne. C’est un gars qui riait et souriait tout le temps, même quand il a eu des problèmes. C’est un gars qui était facile à aimer.»