Dugrenier échappe le bronze
Comme à Beijing, il a quatre ans, la lutteuse Martine Dugrenier a échoué dans sa tentative de décrocher une médaille olympique.
«C’est sûr que je suis déçue. Il va me manquer une médaille, a indiqué l’athlète de 33 ans, qui vivait fort probablement ses derniers Jeux. Ça va me rester dans la tête.»
Dugrenier a joué de malchance d’entrée. À son premier combat, en huitième de finale, la lutteuse affrontait la Japonaise Kaori Icho, sept fois championne du monde et deux fois médaillée olympique. Celle-là même qui avait battu Dugrenier en demi-finale à Beijing, en 2004.
La Japonaise n’avait pas perdu à ses 149 derniers combats et elle n’allait pas flancher contre la Québécoise en huitièmes de finale. Victoire nippone en deux périodes, aux points.
Icho rendue en finale, Dugrenier a pu accéder au repêchage – les lutteuses ayant perdu contre les finalistes peuvent se battre pour les deux médailles de bronze disponibles.
«Il fallait que je revienne forte, a expliqué Dugrenier. Je crois que je l’ai fait dans le deuxième match. Dans le troisième [pour le bronze], j’ai donné tout ce que je pouvais.» Mais la Mongole Battsetseg Soronzonbold a capitalisé sur les attaques de la Québécoise. «Je n’ai pas été capable de terminer mes attaques et ca m’a couté le match», avoue Dugrenier.
La lutteuse termine donc les Jeux de Londres avec le même résultat qu’à Beijing. «Les deux fois, c’était possible pour moi d’être médaillée et je n’ai pas été capable de le faire, a-t-elle lâché. Mais je ne pense pas qu’on puisse juger de la valeur d’une expérience olympique seulement avec une médaille», a poursuivi Dugrenier en précisant qu’elle a apprécié l’ambiance de ces Jeux.
Dugrenier lutte habituellement dans la catégorie des 67 kg. Mais ce poids n’est pas représenté aux Jeux. Comme à Beijing, elle a donc dû s’adapter et se battre contre des filles qu’elle connaît peu, chez les 63 kg. «Dans la dernière année, j’ai tout fait pour être prête. Il faut faire avec ce qu’on a», a-t-elle dit, refusant d’utiliser ce fait comme excuse.
Sans médaille au cou, l’athlète se rappellera toujours qu’elle a été trois fois championne du monde. «On ne peux pas oublier ça, a-t-elle indiqué. Les jeunes doivent comprendre que parfois on gagne et parfois on perd. Et que ça la vie ne s’arrête pas là.» C’est la grande Martine Dugrenier qui l’a dit.
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Huynh en bronze
L’autre Canadienne en action, Carol Huynh, médaillée d’or à Beijing, a décroché le bronze, hier. Défaite en demi-finale par la Japonaise Hitomi Obara, qui a finalement raflé l’or, Huynh a remporté son combat pour la troisième place contre la Sénégalaise Isabelle Sambou.
Dans les deux manches du combat, aucune des deux lutteuses n’a réussi à marquer. Huynh a été privilégiée au tirage au sort dans les deux périodes de prolongation pour se sauver avec le match. «J’aurais aimé l’emporter avec un peu plus de panache, a reconnu Huynh, 31 ans. Mais je suis contente. Je la voulais cette médaille.»
Après quelques blessures, la Canadienne a mis du temps à se convaincre qu’elle voulait continuer à lutter. «Ça m’a pris deux ans avant de me dire que j’aimais ce sport, a indiqué Huynh. Je vais continuer à le pratiquer tant que j’aurai du plaisir et pour le moment, j’en ai encore.»